Voici ce que dit, en substance, une brève AFP de cette fin octobre :
« <i>Le dessinateur belge Philippe Geluck, créateur du Chat, a été élevé au rang de chevalier des Arts et Lettres par le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, lundi soir, à l'école des Beaux-Arts de Paris qui célèbre les 20 ans du Chat. "La bande dessinée est un art à part entière", a sorti Aillagon, pendant le vernissage d'une rétrospective de l'oeuvre de Philippe Geluck. ]i»
Analyse. D’abord, une « <i>rétrospective de l’œuvre]i ». Comme si on avait affaire à Dali. Pour un besogneux géomètre qui torche des planches identiques depuis 20 ans avec un graphisme médiocre, tout juste bon à servir des jeux de mots faussement philosophiques. Ensuite, « <i>l’art à part entière]i ». Il faut vraiment être ministre de la Culture pour proférer des idioties pareilles. Et d’abord, la Culture, c’est ce qui se passe de ministre. Vous pouvez être sûrs, tout ce qui dépend -littéralement- du ministère n’est pas de l’art. Mais de la propagande subventionnée.
Ecoutons le Maître :
« "<i>Je suis très ému par cette distinction et cette reconnaissance qui doivent être dédiées à tous les auteurs de BD. Avec cette exposition, dans ce lieu symbolique, une porte s'ouvre. Quant au « Chat », dans la droite ligne de ce qu'il a toujours pensé de lui-même, il trouve normal que les Beaux-Arts de Paris lui consacrent une exposition", a déclaré Philippe Geluck.]i »
« <i>Une porte s’ouvre…]i » La porte des chiottes ? On croirait entendre un âne du marketing de chez Vent d’Ouest ! Et puis, dédier une médaille de pacotille à des auteurs de BD ne mange pas de pain. Le pain, c’est plutôt celui que les vrais dessinateurs de BD dont l’humour authentiquement drôle ne passe pas les limites de leur table à dessin vont mettre dans la poire de ce cloporte qui fait rire les puissants. C’est bien ça, le problème, et même le danger : il se trouvera toujours des Geluck pour transformer un instrument d’insoumission et de remise en question de tout, qu’est l’humour, en distraction molle, inoffensive, et donc éminemment politique.
A l’imposture s’ajoute la honte du pompeur !
On a fouillé un peu dans les derniers albums de Geluck, sous-cireur de pompes chez ce cireur de pompes en chef de Drucker, et on est tombé sur de la pure contrefaçon de Reiser. Que fait la police ? Tablant comme beaucoup d’autres faux artistes en mal d’inspiration sur l’inculture générale -un calcul souvent gagnant- le branleur d’ego d’invité a honteusement pompé sur le grand -pour le coup, et jamais décoré- dessinateur mort de Hara-Kiri.
Sans vergogne. Il est malade ? aurait dit le Chat, champion toutes catégories de l’humour consensuel.
Regardez autour de vous, et voyez qui aime le Chat : souvent des gens sans humour. Le Chat, c’est l’humour pour ceux qui n’en ont pas. Point trop n’en faut.
Geluck, amuseur de puissants, déclencheur de sourires niais, suceur d’invités en promo au kilo, acrobate glandilleux entre irrévérence obligatoire -on est du côté des faibles, merde-, et soumission aux jugements de valeur de l’époque, L’Organe te consacre Chevalier de l’Ordre Dominant.