Agée de 35 ans, elle a déjà écrit un paquet de livres. Le 3 novembre de cette année bénie 2005 (pétage de plombs de Sarkozy, émeutes des cités), on lui décerne le prestigieux prix Renaudot. Par 6 voix contre 5 à Alain Mabanckou. Qui c’est çui-là encore ? Un poète et romancier congolais. Un Noir, donc. Nina est une Algérienne (pondérée par un papa breton). On vous fait pas le dessin. Y a de la discrimination positive dans l’air !
Ecoutons Alain, qui n’est pas vraiment le genre Africain victime, puisqu’il bosse pour le groupe Suez-Lyonnaise des Eaux à Paris :« Ce recueil est en effet un recueil de jeunesse qui regroupe la plupart des poèmes conçus à l’époque où je fréquentais le lycée. Comme tout premier document, il comporte également les maladresses d’une écriture de jeunesse encore balbutiante, influencée par les lectures d´école et surtout par les poètes français que j´ai lus. Cependant ce premier ouvrage a l’avantage et le mérite de jeter les fondements des thématiques que j’allais par la suite élaborer dans les quatre autres recueils. Je ne regrette pas de l´avoir publié. C´était une naissance obligatoire pour pouvoir faire éclater ce qu’un jour j´ai pu écrire. »
Jeter les fondements thématiques… On n’est plus chez les griots, là, ça pue le DEA à plein nez !
On lâche Alain, qu’on retrouvera certainement primé un jour, pour retrouver Nina, qui attend son sort dans son coin. Ben ouais, Nina, les médias ont tellement dit de bien de toi qu’on s’est douté qu’il y avait anguille sous Roch Voisine. Et on n’a pas été déçus. Ah, quand la réalité vient confirmer nos pires instincts… Le 8 octobre, Franz-Olivier Giesbert, chef d’orchestre de l’émission littéraire Culture et Dépendances, invite un parterre d’écrivains sur le thème « La France peut-elle affronter la modernité ? ».
On y retrouve le très communiste non repenti (ça change des vieilles fiottes intellectuelles retournées) Henri Alleg, ex-torturé, qui choque le pauvre FOG en ne crachant pas sur le cadavre de Staline : « Ces dérives criminelles tragiques n’ont pas pour conséquence de rejeter l’idée communiste et l’idéal communiste. »
Réplique outrée de FOG, qui a bien appris sa leçon au lycée, et qui a visiblement souffert du goulag :« Vous parlez de péripéties parfois tragiques, ça a fait des millions de morts ! » Ha ha ha, s’ils savaient pourquoi ils étaient morts, tous ces Russes victimes de Staline ! Pour donner des arguments à FOG ! Arg, ça valait vachement le coup. Putain, Yvan, Boris, Evguenia, on est morts pour se faire récupérer par un officier des médias français capitalistes !
Nous passerons dans cette émission sur les sorties abracadabrantes de notre ami Finkielkraut, toujours aussi fou. Pour les amateurs de conneries grand format, citons cette petite saillie anti-palestinienne : « Camus ose dire à la France progressiste qu’il peut y avoir des révoltes révoltantes. » Pas mal, hein ? Surtout, on adhère à la pensée finkielkrautienne lorsqu’il fustige « cette barbarie totale qu’est l’attentat suicide » et qu’il nous met en garde contre toute « romantisation par le désespoir ». Les expulsés de Cisjordanie apprécieront, tout en essayant de se révolter dans la douceur et le respect des Droadlom. Mais le meilleur est à venir, calmez-vous, vous allez avoir votre viande, avec plein de sang comme jus. On vous a réservé un sacré morceau de littérature vivante. Du calme, lions affamés de l’Organe ! Tchac, tchac ! Couchés, la bidoche saignante arrive !
On parle torture, Algérie, le rusé Yasmina Khadra raconte, Alleg pèse chaque mot, tout le monde écoute, lorsque soudain, la Bouraoui prend la parole, juste après le Alleg.
Nina: « Il est déjà évidemment très difficile de définir la modernité… Mais moi je me sens justement dans un monde très vaste, le monde est vaste en effet, est immense et je suis du côté des humains et du côté peut-être des survivants mais en tout cas des vivants c’est ça qui m’intéresse… » Ouah, quelle élégance, à côté d’Henri Alleg qui n’en croit pas ses yeux. Mais Nina n’en a cure et poursuit son monologue : « Je suis honnête… Je voulais non seulement restituer la parole ce qui se passe dans le cabinet d’un thérapeute… Parce que il y a un lien entre l’écriture et l’analyse, on parle de mémoire et de langage et de souvenir. »
Quel rapport avec le schmilblick ? Non mais elle déraille complètement ?
Nina a écrit un bouquin à partir de son analyse. Comprenez, une bourgeoise franco-algérienne et gouine, ça peut en déstabiliser plus d’un. Les souffrances d’Henri Alleg à côté, c’est de la petite bière. Nina résume sa souffrance à elle: « C’est quoi mes années 70… C’est quoi mon arrivée à Paris… C’est un édifice amoureux alors après on n’a jamais conscience de ce qu’on écrit c’est vrai que moi je voulais écrire une sorte de spirale parce que la vie est faite ainsi. » Silence plateau. Comme après une séance de torture ponctuée d’un dernier long cri. La torture, ici, elle est pour le téléspectateur, qui doit avaler ce tissu d’âneries même pas psychanalytiques. Et surtout, la tronche abattue des invités, trop polis et respectueux pour dénoncer ce foutage de gueule. Tout le monde regarde du côté de ses pompes. Le responsable ? Pas la pauvre Nina, inconsciente andouille imbue d’elle-même, mais le grand FOG, qui a niqué sa composition de plateau, mélangeant du frivole irrationnel à de l'historiquement lourd. N’est pas Ardisson qui veut… On peut tout reprocher à Thierry, mais pas son plan de table.
Nina nous explique ensuite ce qu’elle a voulu faire : « Oui non l’autobiographie pour moi n’existe pas on ne peut jamais justement tout dire et tout redire et puis euh ce qui est intéressant c’est un projet littéraire ce n’est pas juste une vie racontée et voilà c’était un travail tout est chevillé tout est tenu euh c’est l’écriture avant tout, l’intimité elle est dans la forme de l’écriture. » Ah, d’accord.
N’oublions pas que Nina avait avoué à L’Express : « Mon style n'est pas pensé. Il me ressemble. »
Pour couronner ce discours intérieur déstructuré qui se prend pour de l’intelligence et du talent, FOG lit un extrait du bouquin « Mes mauvaises pensées ». On vous épargne le topo, mais pas la conclusion de FOG, qui réalise en le disant la connerie qu’il a faite: « Voilà, ça continue comme ça et y en a pour 280 pages de la même eau, enfin, c’est un très beau livre, Mes mauvaises pensées de Nina Bouraoui. »
Franz-O, vu la tronche que tu tires, ton commentaire fielleux et l’ahurissement des autres invités, t’es sûr que tu viens pas de découvrir que t’as fait une grosse boulette ?