RE TA GUEULE RERENAUD
Lors du premier numéro (toujours en kiosques), la mascotte de Ricard se prend une volée: "<i>Ta gueule]i", titrait durement la une. En pages intérieures, on a droit à une étude sociologique très documentée des chansons du faux prolo. Non pas qu'un bourgeois n'aie pas le droit de chanter la populace, mais Renaud, dans son parcours pseudo-sincère, a commis quelques bévues qui trahissent la <i>construction]i, comme ce groupe de hard rock surréaliste monté par des Arabes. Franchement pas grand chose, avouons-le. Nous, on l'aurait relâché avec quelques baffes le premier soir, pas la peine de gonfler les stats de garde-à-vue pour si peu. Un petit détail, mais très révélateur. Le problème, c'est que Renaud se fait ensuite traiter d'abruti.
RENAUD, ES-TU UN ABRUTI?
On ouvre le Robert: "<i>Abruti, dont les facultés intellectuelles sont temporairement amoindries par un agent extérieur, la fatigue, etc…]i"
Le Ricard? Sa nouvelle femme, pardon, meuf?
Nous, à l'Organe, on a un peu honte, vu qu'on passe notre temps à flinguer tous ces faux artistes du show-biz, qui deviennent vraiment méchants dès qu'on aborde les questions de la sincérité et du tiroir-caisse, questions en général très liées.
Le chanteur des pauvres réclame 15 000€ à ces pauvres gars, eux qui avaient justement besoin de 12 000€ pour payer le numéro 2. On voudrait les faire couler qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Mais pourquoi Renaud, qui il est vrai n'a jamais été sérieusement "attaqué" dans la presse, tous les papiers reflétant l'image qu'il se donne, veut-il mettre à genoux une revue indépendante? S'agit-il de la pression d'un proche? D'une vanité qui soudain ne supporte plus la moindre critique? D'une mauvaise descente au Ricard? Ou du coaching intéressé d'un avocat vicieux?
L'ENTARTEUR ENTARTE
On rappelle, parce qu'on se renseigne un peu avant d'allumer toutes ces têtes de noeud, que Renaud a maltraité BHL dans l'une de ses chansons, <i>L'entarté]i:"<i>Mais putain c'qu'on a rigolé/ Quand il a voulu se révolter/Avec ses petits poings crispés/L'entarté]i". BHL est loin d'être notre idole, c'est un faux philosophe, imposteur total dans l'intelligentsia française, à la limite de la rigolade, mais là, il aurait pu attaquer. Et il ne l'a pas fait. En plus, pour dévaloriser BHL, Renaud surfe sur le registre du prolo viril face au bourgeois qui serait pédé… Elégant.
Mais le clou de la chanson vaut le détour: "<i>J'veux des entarteurs par milliers/J'vais moi-même apprendre le métier/Y en a bientôt qui vont trinquer]i"…
Mais ton tour est venu, andouille!
RENAUD, OU COMMENT TRAHIR LES PROLOS
Un peu plus loin dans le temps, la regrettable Françoise Giroud, aussi journaliste que Chirac est honnête, dans son billet du Nouvel Obs, avait osé un (en substance): "<i>Renaud est gentil, mais il a du coton dans la tête.]i" Un crochet très dur venant de la gauche… caviar. Pourtant, le pote à Tonton n'a pas bronché. On tape sur les faibles et on se couche devant les forts?
Le plus drôle, avec Penaud, c'est son aversion pour les médias, qui donne quand même deux docus sur sa pomme, l'un pour France3, "<i>Le rouge et le noir]i" (coco et anar, hahaha, laissez-nous rire), et l'autre pour Arte. Sans oublier son aversion pour les animateurs, sauf quand il s'agit de faire sa promo chez Drucker, puis chez Fogiel, deux gros vendeurs de "biens culturels". Et les photos de son amour retrouvé dans Voici, après la tournée sans voix en pleine dépression (c'est vendeur, ça, la dépression) pour cause de rupture. Ça nous rappelle vaguement ces starlettes qui font un bébé et appellent Paris Match pour le vendre…
Décidément, le showbiz est sans pitié pour les faibles, les idiots, les vaniteux, les sans talent. Seuls s'en sortent les grands, qui de toute façon n'ont pas à en sortir, puisqu'ils n'y sont jamais entrés: Brel, Brassens, Nougaro et cie. Si Brassens, dont Renaud se réclame, voyait ça, il mettrait un coup de guitare sur la tronche de ce social traître.