La politique pour les nuls
Comme il est préférable d’accompagner un mouvement plutôt que de le subir, le fringant Sarkozy a donné une représentation aux musulmans français, ou Français musulmans. Le hic, c’est que le gentil (pour ne pas dire <i>contrôlé]i) Boubakeur, a vu les extrêmes monter démocratiquement en flèche dans son propre camp. Ramadan, Latreche (qui ne compte même pas 20 militants réels) et compagnie représentent la tendance dure mais surmédiatisée –on verra pourquoi- du musulman occidental d’aujourd’hui.
FOM et PDC
En préambule, n’oublions pas les chiffres : il y a entre 5 et 7 millions d’Arabes en France. Ouais, on sait, faut dire FOM ou Français d’origine maghrébine (ah c’est joli !), et puis on n’a pas le droit de recenser les gens selon leur couleur de peau, par exemple, ou leur origine géographique. Nous, à l’Organe, on se fout de ce genre d’hypocrisies pour vrais racistes, qui réussiront un jour à retirer de la vente les mots « noir », « nègre », « juif », ou « arabe ». On devra se contenter de sigles genre FOM ou PDC (Personne De Couleur, laquelle, on sait pas), et autres étiquettes impersonnelles. Si Cabu, le Faizant de gauche, aime tant à parler de beaufs, nous on parle de beaufs arabes ou noirs. Sans complexes. Revenons aux chiffres, qui sont la base de tout : sur les 6 millions d’Arabes, il y a bien 2 millions de votants potentiels, mais vu le niveau de civisme de la communauté concernée, on ne peut pas tabler sur plus d’un million de bulletins. Et on ne parle que de ceux qui ont leur carte d’électeur…
Chichi est partout
En face, parce qu’il faut bien admettre qu’il y a quelques frictions, 5 à 700 000 Juifs, pardon FOJ (Français d’origine juive). Dont moins de la moitié doit voter. A droite. Parce que le vote juif a quitté la gauche, depuis les hésitations de Jospin sur la sécurité. Beaucoup de Juifs qui étaient traditionnellement modérés ou réformistes sont passés dans le camp réactionnaire. Mais attention, et c’est là où ça se corse, ils ont un peu de mal à voter Chirac, vu que le Grand Con est l’ami des Arabes. Y a qu’à voir Chichi en Israël (pétant les plombs), Chichi en Palestine (super à l’aise), et on a tout compris. Sans même revenir sur sa grande amitié avec Saddam, le mec qui faisait vivre des milliers d’employés de l’armement français… Alors comment faire quand on est juif, qu’on veut punir la gauche, et qu’on ne peut pas voter Chirac ? Il reste Sarko. Mais le Petit Con n’est pas encore président, et on n’a encore jamais voté pour un ministre…fût-il de l’Intérieur et bossant comme dix (donc foutant 9 personnes au chômage).
Sarko qui n’a pas manqué, lors de ses sorties (voir la finale de boxe sur France2 l’opposant à Le Pen et Ramadan), de rappeler les devoirs de la République envers sa communauté juive… qu’on croyait intégrée diluée dans la Nation depuis 1789.
La loi anti-Sark
Rappelons à ce stade de la compétition que le PS, pour l’Arabe de base, n’est qu’une extension foireuse de SOS-racisme, avec des dirigeants considérés comme traîtres à la base. Ne nous demandez pas pourquoi les jeunes Arabes crachent sur Malek Boutih, mais c’est comme ça. Harlem Désir, qui passait plus de temps dans les cocktails que dans les cités, avait morflé le premier. Il semble donc que SOS, drivé par Julien Dray, n’ait pas réussi à drainer le vote des quartiers vers le PS. Il y a eu cassure, ou fuite, dans le tuyau d’aspirateur à voix.
Du coup, c’est sûrement pas Fabius, Lang, Kouchner ou DSK qui vont récupérer les pertes. Disons-le brutalement : à la base, le PS est associé aux Juifs, et l’UMP aux Arabes. Grâce aux efforts de Sarko. Mais c’est là qu’intervient ce filou de Juppé…
Deux stratégies, c’est le bordel
Alors que tout roulait pour la droite, voilà que cette histoire de foulard vient tout foutre en l’air : pas mieux que cette ratonnade légale pour mettre en colère une communauté tout ce qu’il y a de plus humble, calme, à part quelques milliers de petits cons qui foutent la merde dans les fameuses cités. A qui profite le crime ? Au PS, aux FOJ, et à la droite anti-Sarko. Explication : depuis que les racailles crient des slogans antisémites dans leurs manifs, toute ma médiacratie leur tombe sur le râble. Nous, à l’Organe, on ne juge pas, on regarde, si possible en profondeur. Le « <i>pauv’ petit robeu des cités]i », star des années 80 dans le registre de la victime, devient le diable de la société et le fouteur de merde absolu (responsable de notre problème de croissance ?). Malgré les exactions évidentes de Tsahal en Palestine, les agressions antisémites ou antisionistes ont remonté la cote des FOJ. Une aubaine dans un pays qui avait refusé la guerre contre le peuple irakien, grand ennemi d’Israël.
Donc Sarkozy, qui avait marqué des points en lâchant de la visibilité médiatique aux FOM (une grande première dans l’hexagone), voit son œuvre bousillée par une loi débile qui menace la paix sociale pour 150 foulards sur quelques pauvres gonzesses. Et même si elles étaient manipulées, le cas par cas aurait suffi à résoudre la révolte. Elles ne veulent pas retirer le voile en classe ? on n’a qu’à les foutre dehors, on va pas faire chier 35 autres élèves pour ça. Les cours par correspondance, c’est sympa.
Juppé contre-attaque
Une loi absolument politique, puisqu’elle ne répond qu’à un problème résiduel et loin d’être gravissime, qui renifle le Juppé à 500km. Le problème, c’est que Juppé, pas encore sorti d’affaire dans son business d’emplois fictifs de la ville de Paris, sape la popularité de Sarko dans la communauté arabe, si tant est qu’elle existe. Mais toute action a ses dommages collatéraux : les Arabes risquent de se fâcher contre l’UMP, malgré les appels au calme de l’agent double Boubakeur, et ainsi complexifier les élections à court terme, au cas où les électeurs d’origine arabe se mettraient à faire de la stratégie. Le bordel dans les rues et l’illisibilité de la situation faisant évidemment le jeu du pas de l’oie, Jean-Marie Le Pen. Quant à l’extrême gauche, avec les coups qu’elle a pris du côté des intellectuels juifs, comme dirait Ramadan, il n’y a aucune chance qu’elle serve la soupe au PS, aux FOJ, et encore moins au FN.
Conclusion
On se retrouve donc avec deux surprenantes alliances provisoires à la germano-soviétique de 1941 :
<sum> un axe FN/PS/Juifs durs/Juppé/islamistes durs
<sum> un axe Sarko/UDF/islamistes modérés/LCR-LO
…sachant qu’un paquet de Français approuve la politique du bâton de Sarko, mais ne lâche pas Chirac pour autant, seule figure actuelle un peu au-dessus du lot, malgré les casseroles accumulées. Aujourd’hui, les médias focalisent sur les islamistes durs, un jeu dangereux qui rappelle les délires sécuritaires de l’avant 21 avril, qui avaient conduit aux fameux 16% de Le Pen. Aujourd’hui, PS et FN ont le même objectif, mais pousser le curseur FN trop loin peut faire imploser le PS, qui ne peut plus s’imposer de lui-même, par la force des idées. Il ne reste qu’une stratégie « négative », avec un outil maintes fois utilisé par Mitterrand. La question finale : le FN va-t-il battre le PS ?