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L'Organe Magazine
Le Forum pourri de L'Organe

Je trompe mon mec...

 Jaklote
Samedi 4 Février

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"Je ne désire plus mon mec depuis que j'ai un amant. Mon mec et moi, on est séparé par quatre cents bornes pour des raisons professionnelles. A Paris, j'ai trouvé un amant avec qui au lit, c'est fou. Je découvre des choses nouvelles. C'est extra. Avec mon mec, c'était bien mais un peu plan-plan, et aujourd'hui c'est bien bas... Disons que je n'ai plus envie de lui, quand je vois ce que mon amant m'apporte."

Le conseil sexo : l'amant, c'est l'interdit, la nouveauté...bref, que de choses stimulantes qui font que les relations sexuelles extraconjugales sont torrides. Et là, le fossé entre l'homme de sa vie et l'amant est évident. A partir du moment où l'on est capable d'observer ce "gouffre" et les différences au lit avec l'un et l'autre, c'est qu'on a de quoi changer la donne avec son homme. Pourquoi ? Parce que l'on connaît les terrains nouveaux qui nous plaisent et qu'on décèle mieux les défauts de notre quotidien amoureux. Disons que l'on comprend la marge de "main d'œuvre" et le chemin à parcourir avec son homme pour retrouver l'intensité si tel est son choix. On peut alors "injecter" ses nouvelles découvertes avec son amant, dans le lit de son partenaire ! En douceur...
 la meuf à zobi
Samedi 4 Février

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"Je pense à un autre" Caroline, 25 ans

"J'ai rencontré quelqu'un au travail. Il ne s'est rien passé entre nous, mais je sens bien que naît un petit quelque chose. Il occupe beaucoup de mes pensées, je suis troublée et je retrouve mon homme avec moins de plaisir ou d'envie. Disons que le soir, quand il essaie de m'approcher, j'ai la tête tellement prise par mon collègue que mon corps ne suit pas."

Le conseil sexo : se rapprocher de quelqu’un sans avoir vécu quoique ce soit avec lui, c’est pouvoir tout imaginer : de la relation amoureuse à la relation sexuelle. L’esprit de Caroline est donc dédié à ce potentiel futur ! A l’inverse, quand elle retrouve son homme, elle ne ressent plus grand chose. Il faudrait qu'elle essaie de se servir de ces pensées affriolantes pour donner de l'énergie à son désir sexuel, les prendre comme stimulant pour booster sa vie de couple. Si Carole n’en mesure pas l’effet et qu'elle est trop en attente de son collègue, alors elle songera peut-être à quitter son homme réalisant que l’attirance pour son collègue est au-delà du besoin physique. Avant tout, elle doit penser à ses besoins à elle, son bien-être et avec qui elle le trouve.
 la maman a bollocks
Samedi 4 Février

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J'ai eu qu'une relation avant mon copain aujourd'hui. Et celui avec qui je suis, ça fait plus de 3 ans que nous sommes ensemble. Il est parfait en tout point. Je n'ai rien à lui repprocher. Il a des qualités que toutes les femmes réveraient de voir chez leur copain. Je tiens vraiment a lui et j'adore passer des journée entierre a ses côtés. Je ne me vois pas sans lui MAIS seulement voila...je n'ai JAMAIS envie de lui. Je suis éffondré. Pour lui, c'est vital... il en a besoin touit le temps, il m'idéalise énormément et a TOUJOUR TOUJOUR TOUJOUR envie de moi mais moi...PLUS DU TOUT. je suis très frustrée sexuellement si bien que je me force à chaque fois qu'il a envie de moi. Je ne peux pas refuser car il le prendrai mal et se poserai énormément de question car il est très très senseible. Alors je me force et j'en suis venu à un point ou cela me dégouté de le faire avec lui. J'ai un manque, une envie d'éprouver du plaisir. Je n'ai tellement pas envie de lui que je rève même de coucher avec des potes à moi que je ne kiff pas du tout du tout!! mais je veux avoir du plaisir mais avec lui je n'y arrive pas. Je ne veux pas le quitter mais j'ai limpression de ne pas vivre.. de penser beaucoup a lui et a son plaisir avant le mien. Je ne sais plus quoi faire. la routine? ne plus laimer? je ne sais plus, j'ai peur et je sais que je ne trouverai jamai sun gars aussi génial que lui. Je voudrais avoir ton avis STP... j'ai vraiment peur..;MERCI
 corine
Samedi 4 Février

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Moi aussi
Bonsoir, j'ai 21 ans et je suis en couple avec mon chéri depuis plus d'un an. Le problème c'est que cela fait plusieurs mois que je n'ai plus vraiment envie de lui, parfois on reste plus de deux mois sans faire l'amour. Il m'arrive aussi d'en avoir envie mais au bout d'un moment pouf ça redescend et je fonds en larme. Pourtant je prends du plaisir quand on le fait donc je ne comprends pas pourquoi ... Pourtant il est gentil, il pense à moi tout le temps et je reçois des sms plusieurs fois par jours , il m'appelle tous les soir pour me demander ce que j'ai fait de ma journée ! Il y a eu quelques petits problèmes de confiance car il m'a menti sur des sujets absurdes mais sinon il est adorable ! Le soucis c'est qu'il m'arrive d'avoir envie d'être infidèle et d'être attirée par d'autres garçons mais je n'ai jamais été voir ailleurs. Je sais que une relation n'est pas durable si il ne se passe rien au lit et même moi ça me pèse de ne rien faire mais je refuse de me forcer :s on a essayé les massages , les jeux, je sens qu'il a de plus envie de moi et moi rien alors on dort. Help ! :s
 lala
Samedi 4 Février

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"Pareil pour moi..
Salut !
Je vie exactement la meme chose avec mon amoureux ..Je l'aime mais je n'ai plus aucun désir face a lui .. je ne veux jamais faire l'amour ..j'en suis rendu a un point ou il me dégoute presque . Tout comme toi j'ai un manque , une envie d'éprouver du plaisir . Je reve meme d'etre infidele d'aller coucher avec d'autres hommes mais je ne le fait pas..par contre l'envie est toujours présente et cela commence sérieusement a me détruire de l'intérieur je ne sais plus quoi faire .. je ne me vois pas sans lui ,il est mon meilleur ami et nous passons de bons moments , tout va bien sauf coté sexe (pour ma part) ... je n'ai aucune réponse a tes questions , mais j'avais besoin de partager cela avec quelqu'un qui vie la meme chose .. on se sens moins seule !



'

 Anonyme Bougnoulisé
Samedi 4 Février

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Oh la la ! Putain de salope de beurette à khel, va ! Vivement l'avènement de la charia pour qu'on puisse te bâcher des pieds à la tête et te balancer des pierres dans la gueule pour te faire passer l'envie de t'adonner à des incartades sentimentales, espèce de karba !

 ntae
Samedi 4 Février

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« J'ai 23 ans et je suis en couple depuis plusieurs années avec mon copain. Nous avons des hauts et des bas mais à chaque fois, nous tentons de tout surmonter pour rester ensemble.
Je suis une personne qui a besoin de beaucoup d'attention. J'ai beaucoup d'angoisses, de peurs, de stress (manque de confiance en soi, troubles alimentaires) et j'ai en permanence l'impression d'avoir besoin de lui pour me reposer. Il joue très bien ce rôle qui s'est mis en place, mais cela est source de beaucoup de disputes.
Depuis de nombreux mois (voire d’années), je n'ai plus envie d'avoir de relations intimes avec lui. Je me force à chaque fois, ou refuse tout simplement. Lui-même a pris du poids, mais je ne sais pas si c'est un problème purement physique ou si ce sont mes sentiments qui diminuent. Le fait est que je n'ai plus envie de ses bisous, plus envie de le sentir contre moi.
Je ne pense à lui qu'en terme pratique (le voir si j'ai besoin de lui, de passer le temps, ou juste pour rire et s'amuser 'en toute amitié').
Je me rends bien compte en lisant ce que j'écris qu'il y a un problème dans mes sentiments. Mais malgré tout, je persiste depuis tous ces mois à me dire que je l'aime. J'en suis réellement persuadée. Nous avons de vrais projets de vie (ville où s'installer, on commence à parler de future famille) mais je sais que je ne suis pas prête pour ça. Je suis encore étudiante.
Je n'ai pas envie de le quitter parce que je me dis qu'il serait parfait pour moi ... dans 10 ans. Et que nous nous sommes rencontrés trop tôt.
Cela fait des mois que je laisse trainer cette situation et me cachant les yeux.
Il y a peu, je l'ai trompé avec un ex. Il s'agit d'un garçon pour qui j'ai toujours gardé des sentiments, bien que nous ne nous voyions plus qu'en simples 'potes' partageant le même groupe d'amis d'enfance. J'ai fait cette bêtise en me disant 'allez, on verra bien, tu seras fixée'. Le fait est que ça ne m'a pas du tout aidé. J'ai toujours pensé que coucher avec un autre homme me remettrait des « petits papillons » dans le ventre mais non, pas vraiment. Je relativise beaucoup et je me dis que mon ex n'est vraiment pas fait pour moi. On s'entend bien pour le sexe, mais jamais il ne pourra m'apporter ce que m'apporte mon copain actuel.
Je veux être seule mais j'ai peur de perdre quelque chose d'irremplaçable. Je suis incapable d'avouer ma faute, ça serait impardonnable ; nous parlons très souvent d'infidélité et il me fait tellement confiance. 
Que me conseillez-vous ? Anne-Eliane.
 Fares Fillon
Dimanche 5 Février

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L'auteur de ce fil est certainement un mari cocu.
 monsieur pisse
Dimanche 5 Février

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Tous ces temoignages font froid dans le dos !
 Zobi
Mardi 7 Février

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grosse envie de jacquelotte
 anonymanus
Mardi 7 Février

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Pour ça faudrait déjà pouvoir maintenir une erection, bande-mou.
 zobi
Mardi 7 Février

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J'arrive à maintenir une semi-molle de 5 sec en matant les nichons à pepita alors taggle!

 Bollocks
Mercredi 8 Février

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"Quand j'ai rencontré Anaïs au début de l'année, elle m'a tout de suite déplu. Sans doute à cause de son air supérieur, de son attitude agressive et de sa capacité à bafouer systématiquement l'autorité des adultes. Elle restera d'ailleurs ma première violente altercation avec un élève. En l'évoquant, je peux encore sentir mes poings se serrant pour réprimer ma rage face aux insultes qu'elle me lançait. « Bouffonne ! », « Pov'fille ! »… Depuis cet épisode, je me suis astreinte pendant plusieurs semaines à éviter sa présence de peur d'exercer sur elle un abus d'autorité à coups d'heures de retenues.

Finalement, mes efforts pour l'éviter n'ont pas eu à durer longtemps puisque, du jour au lendemain, Anaïs disparaît du collège. Et ce, pendant plus d'un mois et demi. Peu avant son retour, j'apprends la raison de son absence. Ce qui m'amène à reconsidérer totalement mon ressentiment envers elle. Anaïs a perdu son père, décédé d'un cancer, alors qu'il purgeait une peine en prison. Elle n'a pas pu lui dire au revoir et s'est donc rendue avec sa mère dans sa famille paternelle en Guadeloupe pour lui rendre un dernier hommage.

Je la découvre alors complètement métamorphosée. Les rajouts violets de ses cheveux ont disparu, remplacés par une coupe à la garçonne négligée, plus aucun maquillage. Un visage glacial et fermé a fait place à ses airs hautains. Je ne suis pas la seule à constater qu'elle a pris du poids, ce qui lui va plutôt bien. Compte tenu des circonstances, je décide de cesser toute animosité à son égard et entreprends de renouer une relation apaisée avec elle. Je lui souris, je la renseigne, je plaisante même avec elle. Progressivement, la barrière qu'elle prend soin d'ériger entre elle et le monde des adultes s'abaisse avec moi. Depuis son retour, elle ne fait plus preuve d'insolence, n'arrive plus en retard, ne se fait plus exclure de cours. La nouvelle Anaïs semble avoir grandi d'un coup après la disparition de son père. Elle paraît par moments préoccupée, mais, entourée de sa bande de joyeuses et délurées copines (qui ne semblent pas avoir pris d'aussi bonnes résolutions qu'Anaïs), elle n'est guère abordable. Cependant, toute l'équipe éducative se félicite de l'attitude positive d'Anaïs.
« Qui peut deviner qu'un si petit corps va donner la vie ? »

Aussi, je tombe des nues en entrant dans la vie scolaire un matin et en voyant Nina, une de mes collègues, m'alpaguer en me chuchotant : « Tu veux connaître le secret de ta petite Anaïs ? » J'acquiesce bien évidemment, la curiosité l'emportant. « Eh bah, dis-toi qu'elle n'a pas seulement grossi, elle est enceinte ! C'est l'infirmière qui s'occupe d'elle qui me l'a dit, mais attention on n'est pas censé le savoir ! » Je la regarde fixement, stupéfaite par cette nouvelle. C'est absolument impossible : Anaïs a à peine treize ans et demi ! C'est une enfant, elle ne peut pas en porter un ! Et pourtant en l'observant discrètement à chacun de ses passages, je dois me rendre à l'évidence. Anaïs est bel et bien enceinte. Et visiblement, la nouvelle n'a pas encore fuité. Comme tente de l'expliquer l'infirmière : « Qui peut deviner qu'un si petit corps va donner la vie ? » Cette phrase me revient en tête, notamment quand Anaïs est contrainte de s'absenter, non seulement à cause de la découverte de son état par ses camarades – qui ne cessent de la harceler –, mais surtout en raison de la grossesse qui l'épuise et l'empêche de suivre sereinement son programme de quatrième. Les professeurs font preuve de bonne volonté en lui envoyant les cours, mais la plupart d'entre eux sont tout autant abasourdis que les élèves par cette grossesse si précoce.

Le professeur principal d'Anaïs décide de prendre rendez-vous avec sa mère pour mettre en place un programme de soutien scolaire, mais la mère ne se rend pas au rendez-vous. Cette absence sans motif ni excuse est l'objet de nombreuses discussions sur la part de responsabilité imputable à la mère d'Anaïs. « Pourquoi n'a-t-elle pas fait avorter sa fille quand il en était encore temps ? » se demandent certains de ses profs. Nous apprenons que la mère, qui vient elle-même d'accoucher quelques mois plus tôt, s'oppose farouchement à une IVG. Est-ce pour des raisons religieuses ? J'avais en effet remarqué la petite croix en or qu'Anaïs portait autour du cou, mais je n'en sais pas plus. Il est désormais trop tard de toute façon, Anaïs est déjà à six mois de grossesse, six mois durant lesquels elle semblait avoir nié la réalité. « Je croyais que si j'arrêtais d'y penser ou de m'en préoccuper, ça finirait par disparaître », me confie-t-elle lors de l'une de nos rares entrevues (les CPE refusant que les surveillants lui parlent, sans doute pour museler notre curiosité et ne pas angoisser davantage la jeune fille). C'est l'emploi du pronom « ça » pour désigner sa grossesse qui me déstabilise et m'inquiète. Je n'ose aller plus loin car si nous parvenons à parler discrètement, c'est toujours à l'initiative d'Anaïs, qui n'évoque que rarement son état, préférant plaisanter sur les émissions de télé-réalité ou sur la dernière rupture entre deux élèves de troisième. Comme si elle voulait conserver une part de l'insouciance qui semble lui échapper au fur et à mesure que son ventre s'arrondit.
« Je veux juste être tranquille... »

Ne venant plus du tout en cours (ses absences étaient justifiées à chaque fois par sa mère), je revois Anaïs deux mois et demi plus tard. Elle passe lentement la grille en poussant un petit landau. C'est une image saisissante dans un collège que de voir une toute jeune fille avec un bébé qui est le sien. Je m'avance doucement vers elle et croise son regard. Elle semble exténuée, comme vidée. Je lui demande si elle va bien, ne voulant pas l'assaillir de questions. Elle me répond qu'elle se sent bien, mais le ton nerveux qu'elle emploie et ses yeux cernés m'incitent à croire le contraire. Je me penche au-dessus du landau et découvre une ravissante et minuscule petite fille d'à peine deux semaines. Conquise par ce joli bébé, je demande comment elle se nomme. Anaïs marmonne, le regard ailleurs : « Liorah ».

La jeune mère me demande de surveiller le bébé, le temps de se rendre au CDI. J'attends près d'une vingtaine de minutes en compagnie de Liorah avant qu'Anaïs ne se décide à revenir, la moue boudeuse. « J'étais partie voir mes potes, ils sont trop bien, là, posés dans la cour. » Je me permets alors d'insister en lui demandant à nouveau si tout va bien, si elle s'acclimate à ce nouveau rôle. Elle croise mon regard et ses lèvres tremblent de larmes contenues : « Personne comprend ce qui se passe. Ou on trouve ça trop mignon ou on m'traite de pute ! Et le père s'en bat les couilles. Tu sais qui c'est ? Thomas, un ancien. J'lui ai envoyé une photo de Liorah sur Snap, il m'a même pas répondu c't'enculé ! Et moi je dors pas putain, elle fait que pleurer, et quand on me l'a donnée à l'hosto j'arrivais pas à la tenir, je voulais juste dormir tranquille ! Je veux juste être tranquille ! Et tu sais c'qu'on m'a conseillé ? Que si j'assumais pas, dans l'pire des cas on pouvait dire que c'était ma sœur. Mais ça, ma mère elle veut pas. » Je lui demande alors doucement ce qu'elle veut, elle. Elle lâche un énorme soupir, les épaules voutées, et me répète plusieurs fois : « Je veux juste être tranquille... » Elle me tourne alors brusquement le dos et se dirige à pas rapides vers la sortie. L'un de mes collègues m'informe que Thomas, le père de Liorah, est un ancien du collège, plutôt bon élève, avec un côté séducteur bien assumé. C'est elle d'ailleurs qui m'apprend que l'origine hébraïque du prénom Liorah, choisi par Anaïs, provient de la religion du père.
« Elle est pas trop belle, dis ? »

L'été passe. Je ne peux m'empêcher d'avoir des pensées pour Anaïs. À la rentrée suivante, l'une de ses amies vient me chercher discrètement durant ma pause déjeuner pour me dire : « Si t'as envie de voir Anaïs, elle est devant le collège. Mais le dis pas aux autres, elle veut pas trop voir les gens. » Je me rends au portail et découvre une quasi-inconnue. Les cheveux plus longs, la mine superbe et un grand sourire, elle me fait face en tenant fermement une poussette flambant neuve. Nous allons nous asseoir sur des bancs un peu plus loin et, pendant qu'elle donne le biberon à une Liorah aux joues roses et rebondies, elle me dit : « Tu sais ce que ça veut dire, Liorah ? Lumière, en hébreu. Elle est pas trop belle, dis ? » demande-t-elle fièrement. J'acquiesce, sincère et émue de l'amour qu'elle semble porter à sa fille. Elle me détaille l'organisation de sa vie. Sa mère lui a attribué la plus grande chambre de leur appartement. Elle ne cesse d'employer le mot « ma fille » avec une grande fierté et une grande force, et me dit qu'elle n'est plus du tout envieuse de la vie de ses copines. Sa mère lui propose régulièrement de sortir un peu, mais ça ne la tente plus guère, préférant rester avec Liorah.

Tout en parlant avec volubilité, elle met un petit chapeau à l'enfant pour la protéger du soleil, l'effleurant des doigts au passage. Je trouve ce geste particulièrement doux et attendrissant. Je me permets de lui demander des nouvelles du père de l'enfant. Elle hausse les épaules : « Ses parents ont demandé une reconnaissance de paternité. Mais perso, j'm'en fous. J'en veux pas de son aide et ma mère non plus. S'il passe à côté de Liorah, c'est qu'il est trop con pour voir qu'elle est parfaite, ma fille. Et qu'il croit pas que lui ou ses parents pourront la voir plus tard, il l'a pas assumée, il risque pas d'en profiter ! » me lâche-t-elle avec une soudaine colère. Je lui pose alors une question évidente, juste pour calmer un peu sa brusque humeur : aime-t-elle sa fille ? Elle me regarde alors avec stupeur, et a un geste instinctif en posant sa main sur la tête du bébé : « Bien sûr que oui ! C'est ma fille ! C'est l'amour d'ma vie ! »

Quelques semaines plus tard, j'apprends qu'Anaïs a quitté la région parisienne pour aller vivre avec sa fille en Guadeloupe, refusant de reprendre ses cours au collège, malgré l'aide proposée par sa mère. Je présume qu'elle a fait son choix en fonction de son rôle de mère et d'adulte qu'elle est devenue à 14 ans à peine."

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