Malgré le boycott de certains organes de la presse officielle envers L'Organe (c'est de bonne guerre puisqu'on leur tape dessus !), certains confrères de la presse-papier poussent néanmoins l'amabilité jusqu'à parler de nous dans leur colonnes. Evidemment, ça fait plaisir, surtout quand c'est en termes élogieux !

Site web de Télérama, rubrique "Webzines en croissance" (11/99):

L'Organe: Scoops et interviews exclusifs, un travail impressionant genre "Canard Enchainé". Hélas la présentation est plutôt fouillis.


Article de Pierre-Laurent Mazars dans "Le journal du dimanche" (21/03/98)

PENDANT de longues années, Olivier a essayé de faire son trou dans les milieux de l'audiovisuel et du cinéma. Malgré quelques succès, ce n'était jamais totalement concluant: "C'est quand-même des milieux où il y a beaucoup de cons", constate-t-il sobrement. Pendant d'encore plus longues années, Olivier a cultivé, sans toutefois complètement s'y adonner, deux vieilles manies: il est solidement obsédé côté cul; et il n'adore rien tant que donner son avis sur tout et n'importe quoi. Puis, Olivier, alias "Old Nick", a découvert le Net, et plus rien n'a été comme avant.

En février 1996, à l'âge de 33 ans, il s'est lancé dans ce nouveau Far West, territoire de conquête grâce auquel il pourrait donner libre court à son double penchant. Il ne connaissait strictement rien à l'informatique, mais a appris sans peine les rudiments du HTML, le langage de codage des pages Web. Il a ouvert ses deux sites en même temps: L'Organe, "le webzine qui ouvre sa gueule", et son cousin licencieux, L'Organe Sexuel, un site porno carabiné. Le second, qui rapporte un peu plus de 20 000 francs par mois, finance le premier. Côté audience, c'est légèrement déséquilibré. "L'Orgsex reçoit 4 500 visites par jour, L'Orgmag un peu plus de 150, ce qui est somme toute pas mal pour un site non-cul", note Olivier.

Naviguant entre Hara Kiri et le Drudge Report (le cyber-fouineur du Monicagate), le contenu de L'Organe est réalisé pour une bonne part par son webmestre, qui reçoit par ailleurs des contributions diverses. Résolument excessif, il alterne brûlots contre ses cibles favorites (les sectes, les intégristes, la Mitterrandie) et plaidoyers enflammés pour ses marottes (le cannabis, le naturisme). Chatouilleux sur la liberté d'expression, Old Nick sort le lance-flammes dès que celle-ci est menacée, comme pour l'affaire Altern. Il a aussi mis en ligne un roman, Captain Zodiac, dont aucun éditeur n'a voulu, et s'enorgueillit d'avoir reçu du papier bleu de TF1 à propos d'un jeu-concours bidon pour lequel il avait imaginé un improbable partenariat avec la chaîne.

Le pamphlétaire s'oblige à renouveler régulièrement les pages de L'Organe, même s'il avoue passer 80% de son temps à jouer le pornocrate pour faire tourner le site rose. "Ce n'est pas se trahir que de vouloir trouver une rentabilité, dit le cyber-Janus. Et je ne crois pas, comme nombre de mes camarades webmestres de sites dits alternatifs, que le méchant Web commercial va tuer le gentil Web idéaliste. Le Net est assez vaste pour accueillir aussi bien des marchands, dans mon genre, que des libertaires utopistes, dans mon genre aussi!"

Un peu schizo, certes, mais ce modèle économique a au moins un mérite: celui de fonctionner.


Article paru dans ".net" (02/98)

"La presse libre et indépendante est aujourd'hui sur Internet et nulle part ailleurs", scande-t-on à l'accueil. Pourvu que ça dure. Que cette affirmation ne devienne pas un beau (?) jour l'épitaphe dans laquelle ensevelir "L'Organe". Car l'e-zine a été obligé (déjà !) de reculer face à TF1: des plagiats de jeux (la distance entre Danlfion, Vosges, et la planète Zobalor ?) paraît-il, des logos détournés à plein Web... Satirique, l'e-zine bouffe de la Boutin, de la Mazarine, du Mancel, du Millon, du Scientologue. Les travaille au second degré. Et le premier alors ! "Pénétrez plus profond dans L'Organe..." Plus profond, c'est glauque dans un monde si gris. Heureusement, c'est signé: Céline Fion, Ruth Abaga, Tony Truand...


Article paru sur le site Zdnet France (www.zdnet.fr)

"Amusez-vous avec votre Organe ". C'est sur cette mise en demeure que L'Organe magazine, webzine qui cultive l'irrévérence, accueille ses visiteurs et donne le ton. Le suite est à l'avenant, étonnant mélange de drôlerie, de ènième degré, de scandales et de mauvais goût. Hybride "monstrueux ", aux confluents de Charlie Hebdo, du Vrai journal, des Guignols et d'Infos du monde.

Mise en page sommaire, titraille de liens tous plus accrocheurs, on reconnaît d'emblée les codes de la presse tabloïd, cuisinés à la sauce Internet. Avec toute la liberté de ton et de (dés-)information que suppose encore (pour combien de temps ?) le support. C'est ainsi que L'Organe se scandalise en page d'ouverture de la diffusion sur le Web du livre interdit d'André Rougeot et Jean-Michel Verne, L'affaire Yann Piat ... pour mieux ménager un lien vers le site coupable de ce forfait ! "L'ORGANE dénonce ces pratiques en donnant la preuve de la présence sur le web de ce livre interdit. Il suffit de taper ... ". Il fallait oser. Hissée à ce niveau, la mauvaise foi est un art.

Autre moment de bravoure, où la pochade l'emporte définitivement sur le journalisme, la défense comique de Mazarine Pingeot et de son Premier Roman, "romancière prodige de 23 ans". "La curée médiatique n'a que trop duré, et L'Organe se doit de dénoncer, seul parmi tous ses confrères, l'acharnement inique dont fait l'objet la jeune Mazarine Pingeot". Le plaidoyer est évidemment d'une belle cruauté, aussi jubilatoire que le pastiche récemment diffusé auprès de certains médias par un anonyme, sous le nom de Dernier Roman par Margarine Peugeot.

S'agissant de corps gras, L'Organe se penche plutôt sur celui dont s'enduisent les corps en liberté des nudistes. Suit un dossier plutôt bien ficelé et riches en informations. Les adeptes ou les curieux trouveront même un forum pour répondre à leurs légitimes interrogations. On glissera néanmoins sur les photos de piètre qualité qui ne plaident pas véritablement pour cette innocente pratique.

Mais passées les blagues de potache, L'Organe trouve toute sa pertinence dans l'usage "libertaire" qu'il fait du réseau lui-même. Le meilleur est donc gardé pour la fin, avec la diffusion intégrale d'un roman sans éditeur, Captain Zodiac, l'odyssée d'un tueur en série. Sorti du même tonneau que l'American Psycho de Brett Easton Ellis, cet ouvrage a déjà réuni plus de 2000 lecteurs en ligne, que la frilosité de l'édition et de la télévision française avait privés de cette petite perle. On ne peut que saluer l'initiative et la performance. C'est d'ailleurs dans cette fonction vitale, pour la culture comme pour le réseau, que l'Organe prend véritablement corps ... et une place dans nos signets.

Frédéric Ploton


On a aussi causé de L'Organe sur FRANCE 2 et FRANCE 3 (journaux télévisés de la nuit), Canal+ et RTL .


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