"TREMPLINS"
ROCK:
LE SCANDALE D'EMERGENZA
Tous les jeunes-musiciens-qui-débutent fréquentent ces
fameux "tremplins" vers une gloire tant espérée, dont
le plus célèbre sont les "Découvertes du Printemps
de Bourges". L'Emergenza European Festival, lui, exploite ce filon à
sa manière toute particulière: faire payer le maximum aux candidats
tout en leur fournissant les conditions d'expression les plus approximatives.
Engagements non tenus, votes à la tête du client, vengeances mesquines,
c'est sûr, Emergenza apprécie plus la douce musique du tiroir-caisse
que celle des groupes qu'il est censé promouvoir !
Par José Caballero, guitariste du groupe "Mojoya"
(Voir en fin de page le DROIT DE REPONSE exercé par Emergenza).
Nous, c'est le groupe "Mojoya".Tout d'abord, je dois vous avouer quelque chose : nous avons accepté de baigner dans des magouilles peu reluisantes afin de gagner quelques manches d'un tremplin rock nommé Emergenza. Ayant perdu en finale à l'Elysée-Montmartre pas plus tard que le 14 juin 98, nous crachons maintenant dans la soupe. Cynique ? Pas très fair-play ? Peut-être... Mais jugez plutôt...
Emergenza European Festival organise depuis quelques années un tremplin rock dans toute l'Europe. "Tremplin rock" est habituellement synonyme d'espoir, de musique et de saine compétition. Dans le cas présent, il s'agirait plutôt d'une grosse affaire de business, et donc de pognon. Rappelons tout d'abord le principe de ce tremplin, un principe que nous connaissions dès le début et que nous avions accepté, je dois l'avouer.
Les fondateurs d'Emergenza sont partis de la constatation toute simple qu'il existait deux sortes de tremplins rock. Les premiers sont des tremplins de "quartier" (sans connotation péjorative particulière), où il est certes possible de jouer facilement, mais qui restent relativement confidentiels, sans grande envergure, et dans des salles plus proche de la MJC de village que du Zénith.
Les seconds sont de "grands tremplins" (dont l'archétype parfait sont Les Découvertes du Printemps de Bourges), où la sélection à l'entrée est draconienne: seuls des groupes semi-professionnels ayant édité un support audio de qualité et déjà pas mal "tourné" peuvent espérer être sélectionnés. D'un point de vue commercial, il y a donc un marché, un potentiel non exploité qui est celui des petits groupes amateurs voulant jouer dans de belles salles pour un enjeu plus ambitieux qu'un article dans le journal du quartier, ou une gloire éphémère de Fête de la Musique - et croyez-moi, il y en a beaucoup (nous les premiers !) Les fondateurs d'Emergenza se sont alors posés la question de savoir si de tels groupes iraient jusqu'à payer pour participer à un tremplin qui se positionnerait dans la seconde catégorie (i.e., type Découvertes du Printemps de Bourges, prestigieux, belles salles, etc.) tout en offrant la facilité d'accès de la première catégorie (tremplin de "quartier").
UN "PUBLIC" COMPOSE DE COPAINS DES GROUPES
La réponse est oui. Dans chaque pays d'Europe où est organisé le tremplin (soit: Italie le "berceau", Espagne, France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Irlande), environ 100 à 150 groupes s'inscrivent sans sélection autre que l'argent : 400 F de frais d'inscription par groupe tombant directement dans l'escarcelle des organisateurs, par ailleurs largement sponsorisés. La règle du jeu est ensuite simple, une règle que nous connaissions et que nous avions acceptée, je le précise une fois de plus (pour éviter que l'on me taxe d'angélisme !): les groupes se chargent eux-mêmes de la promo des concerts et de la vente des billets. Sachant que c'est le public qui vote (à main levée dans des salles de 200 à 2000 places vous imaginez !?!), il est donc clair que les groupes ont tout intérêt à mettre la dose et à rameuter tous leurs amis, copains, connaissances, touristes du Mondial et plus si affinités, leur faisant payer des sommes conséquentes (60 F pour le Gibus ou le New Morning, 100 F pour l'Elysée-Montmartre). Ce qu'on a en échange: la possibilité de jouer dans de belles salles (si l'on passe les premiers tours néanmoins), avec un bon son, dans des conditions professionnelles et - mais sans aucune certitude - avec des "contacts" avec des maisons de disque puis, pour le gagnant de la finale européenne, un contrat à la clé.
Le deal est clair et la théorie (or considérations pécuniaires) intéressante. Mais malheureusement la réalité est toute autre et Emergenza fait preuve d'un manque de professionnalisme qui frise par moment l'arnaque. En voici les exemples les plus flagrants. Ils n'assurent aucune promotion générale même simple (auprès des listings de concerts ou de la presse spécialisée par exemple), contrairement à ce qu'ils clament pour nous inciter à "signer". Ils négocient au plus juste les tarifs de location et de prestation des salles de concerts qui hébergent les étapes du tremplin (Gibus x2, New Morning et Elysée-Montmartre pour la France) d'où des soundchecks (balance, réglages sonores) minimum sans aucune prise en compte des désirs (pourtant peu extraordinaires) des groupes.
Pour la même raison, les light-shows, annoncés comme des "trucs super adaptés à votre style de musique" (dixit), sont plutôt du type lampe-torche-de-chez-mon-petit-cousin. Donc au final, cela nous donne bien souvent un son pourri et des lumières peu éclatantes, même dans de superbes salles telle l'Elysée-Montmartre ou le New Morning. C'est peut-être même plus insidieux que cela puisque certains groupes ont droit à un bon son, d'autres pas, avec des erreurs du type "pas de son en façade" ou "oubli d'un instrument", difficilement compréhensibles dans ce contexte. Des réunions "techniques" sont organisées pour soi-disant prendre en compte les particularités des groupes: il s'agit en fait de remplir une fiche sans aucun intérêt (toujours la même) qui n'est de toute façon pas utilisée par les techniciens le jour J, et qui est mystérieusement perdue à chaque fois ! De plus, l'ordre de passage des groupes est scrupuleusement choisi pour défavoriser les groupes ayant le moins de potentiel selon Emergenza (19h00 un dimanche par exemple) au lieu d'être tiré au sort ou harmonisé par style. En ce qui concerne la notion de potentiel, voir à ce sujet le point suivant (mode de scrutin et pognon).
LE VOTE A MAIN LEVEE PERMET TOUTES LES MAGOUILLES !
Enfin, le mode de scrutin permet toutes les magouilles possibles et imaginables. Je le dis d'autant plus facilement que nous en avons profité dans les étapes précédant la finale. Un vote à main levée dans une salle de concert avec un ou deux "compteurs" de mains - faisant partie des organisateurs bien évidemment - et des scores de 80 à plus de 200 "voix" pour des audiences de centaines de personnes, cela est quelque peu sujet à caution. Il faut avoir vu le spectacle impayable des "préposés-compteurs" doigt levé, langue entre les dents, appliqués, soucieux de faire les petits gestes des bons élèves qui dénombrent avec effort, vraiment, si, si, promis juré !, les mains levées, pour comprendre l'absurdité de la situation. Les scores ne sont d'ailleurs pas communiqués immédiatement (alors que les votes ont lieu après chaque groupe), mais plutôt à la fin de la soirée ce qui permet de légèrement retoucher le résultat en fonction de qui Emergenza veut voir gagner. Bref au final, ce sont les organisateurs qui décident qui passe et qui casse, selon leur goût, et aussi, business oblige, en indexant le nombre de places vendues (et récompensant ainsi les meilleurs vendeurs): le fameux potentiel dont je vous entretenais tout à l'heure. Une telle confiance dans leur jugement impliquerait de la part des organisateurs une prise de responsabilités plus poussée en officialisant ce mode de sélection par "jury maison", après tout ce n'est pas plus bête ou plus scandaleux qu'un autre mode (les mains levées au hasard !). Mais non, car un problème se poserait immédiatement au directeur financier d'Emergenza: les groupes ne seraient pas aussi enclins à assurer une promo, et donc une vente tous azimuts dans l'espoir d'amener suffisamment de copains pour gagner. D'où un bénéfice net en chute libre: vous l'avez bien compris, il s'agit là de musique, bien sûr, mais plutôt de la douce musique sonnante et trébuchante des espèces et devises de toutes origines (vivement l'Euro qui simplifiera grandement la tâche du comptable d'Emergenza).
Cependant, nous connaissions la règle du jeu et les tenants et les aboutissants de celle-ci (qui se résume en trois mots: pognon, pognon et pognon), même si un minimum de professionnalisme, je le dis et le répète, aurait été le bienvenu. En revanche, beaucoup plus grave que l'organisation dilettante et les petites arnaques aux votes (tout mode de scrutin est plus ou moins sujet à caution), Emergenza édicte des règles et ne les respecte pas, ou les applique différemment selon le contexte et, en revanche, sanctionne tout écart de conduite ou remarque "désobligeante" des groupes sur ces petits problèmes précédemment évoqués.
Premier exemple : 4 sélectionnés sur 6 au premier tour, 3 sur 6 au second, 1 sur 6 au troisième et 2 en finale. Tels étaient les termes de l'accord présenté comme contractuel. Or l'on retrouve en finale des groupes qui avaient terminé 4ème au second tour, des ex-aequo au nombre de mains levées (134 à 134, bravo les compteurs , un vrai compas dans l'oeil, aïe !), ou pire, un troisième gagnant en finale alors qu'il ne fut pas plébiscité par le public (ce qui n'est de toute façon pas un gage de qualité mais plutôt la preuve que ce groupe n'a pas beaucoup de copains, je vous l'accorde): repêchage miraculeux ? Pots de vins à l'organisateur ? Ont-ils couché avec le producteur, arrosé la mafia ? L'histoire ne le dit pas !
DES "BALANCES" A LA TETE DU CLIENT
Deuxième exemple: les balances (réglages sonores d'avant concert) sont difficiles à gérer puisqu'elles concernent plusieurs groupes pour un temps réduit. Il est donc normal qu'Emergenza soit strict sur le respect des horaires (chaque groupe ayant un créneau) et précise que tout groupe en retard ne fera pas sa balance. Or, dans la pratique, voici comment cela se passe : si un groupe est considéré comme favori, la star de la soirée, il peut arriver avec deux heures de retard et se voir offrir une large demi-heure de réglages sans sourciller, alors que les groupes moins exposés mais ponctuels sont expédiés en 10 mn chrono. Et parlant de chrono, nous arrivons au point le plus mesquinement dégueulasse de l'organisation Emergenza. Il est tout à fait compréhensible que pour une finale à 11 groupes, un minutage serré soit nécessaire : tout le monde doit pouvoir jouer. La règle était donc la suivante: 25 minutes temps de montage/démontage/vote compris (soit entre 20 et 22 mn maxi pour le set musical proprement dit) et juste avant l'avant-dernier morceau un rapide check avec la régie qui précise si le temps restant permet un ou deux morceaux. Clair, net, précis.
Est-il dans ces conditions normal que les organisateurs nous coupent au début de notre dernier morceau, après nous avoir donné le feu vert prévu pour deux morceaux, alors que le chrono n'affichait que 18 mn (la vidéo le prouve) ? Nous ne le pensons pas. Mais pourquoi, allez-vous me dire, auraient-ils fait une chose pareille ? Quel est le mobile ? Eh bien ! Sachez que tout ce que je viens de vous raconter (hormis cette dernière péripétie), nous l'avons dit, asséné même, directement aux organisateurs eux-mêmes l'après-midi précédant la finale de l'Elysée-Montmartre. Bon, d'accord ce n'était pas forcément "malin", diplomatique, judicieux, etc. Mais, après tout, la seule attitude valable n'est-elle pas celle où l'on se sent en accord avec soi-même, où l'on n'accepte aucun compromis, où l'on dit ce que l'on pense, une rock'n roll attitude en quelque sorte !
DES ORGANISATEURS MESQUINS ET PARTISANS
Lorsqu'on se veut professionnel, comme le clame Emergenza, est-il envisageable de mettre au point une vengeance mesquine de ce type: un son pourri (peu ou prou de façade, retours nazes, micro ne marchant pas, etc.) et un show écourté ? Je dis non. Leur principal moyen de pression était de ne pas nous faire gagner même s'il s'était avéré que nous méritions (ce n'était malheureusement pas le cas, notre prestation fut en effet décevante mais il s'agit là d'un autre problème). Cela ne leur a pas suffit : il a fallu qu'ils s'évertuent à nous gâcher notre plaisir de jouer dans cette superbe salle de l'Elysée-Montmartre. Mesquin, ridicule, honteux. Et ce n'est pas être mauvais joueur que de préciser ces quelques "détails". Si amertume il y a dans mes propos, il ne s'agit évidemment pas d'une amertume due à la défaite (notre but initial était de dépasser le New-Morning : but atteint), mais bien plutôt d'une amertume due à cette mesquinerie, cette hypocrisie des organisateurs qui n'ont pas eu le courage de s'entendre dire leurs quatre vérités sans éprouver un besoin de vengeance et de démonstration de pouvoir totalement déplacé.
Voilà, croyez bien que l'on ne nous y reprendra plus ("il jura mais un peu tard..."), et je compte sur vous pour faire de la contre-publicité pour Emergenza European Festival, principalement en expliquant bien ce genre de combines aux groupes qui seraient tentés de se lancer dans l'aventure.
Merci encore à Emergenza, et à vous les studios !
José, guitariste énervé.
Ci-dessous le DROIT DE REPONSE exercé par Emergenza suite à la diffusion de cet article. En noir le texte original de José Caballero. En bleu, les commentaires d'Emergenza. A vous de vous faire une opinion !
"TREMPLINS"
ROCK:
LE SCANDALE D'EMERGENZA
Tous les jeunes-musiciens-qui-débutent fréquentent ces
fameux "tremplins" vers une gloire tant espérée, dont
le plus célèbre sont les "Découvertes du Printemps
de Bourges". L'Emergenza European Festival, lui, exploite ce filon à
sa manière toute particulière: faire payer le maximum aux candidats
tout en leur fournissant les conditions d'expression les plus approximatives.
Engagements non tenus, votes à la tête du client, vengeances mesquines,
c'est sûr, Emergenza apprécie plus la douce musique du tiroir-caisse
que celle des groupes qu'il est censé promouvoir !
En premier lieu, tout en appréciant la possibilité de répliquer que nous offre Iorgane, il me paraît difficile de ne pas souligner que ce « processus » sur le web est inauguré par une considération initiale qui, dès le début, est une condamnation. Alors, à tous ceux qui ont déjà décidé qu’il est plus simple et plus amusant de traiter (à tort et à travers) leur prochain de voleur et d’escroc, plutôt que de comprendre et de raisonner, nous conseillons de ne pas perdre leur temps à lire notre point de vue. Au fond, ce n’est pas nous qui découvrons que les FAITS semblent généralement plus ennuyeux que toute autre idiotie « hurlée » sur le Net ou dans les rues.
Par José Caballero, guitariste du groupe "Mojoya"
Nous, c'est le groupe "Mojoya".Tout d'abord, je dois vous avouer quelque chose : nous avons accepté de baigner dans des magouilles peu reluisantes afin de gagner quelques manches d'un tremplin rock nommé Emergenza. Ayant perdu en finale à l'Elysée-Montmartre pas plus tard que le 14 juin 98, nous crachons maintenant dans la soupe. Cynique ? Pas très fair-play ? Peut-être... Mais jugez plutôt...
Emergenza European Festival organise depuis quelques années un tremplin rock dans toute l'Europe. "Tremplin rock" est habituellement synonyme d'espoir, de musique et de saine compétition. Dans le cas présent, il s'agirait plutôt d'une grosse affaire de business, et donc de pognon. Rappelons tout d'abord le principe de ce tremplin, un principe que nous connaissions dès le début et que nous avions accepté, je dois l'avouer.
Les fondateurs d'Emergenza sont partis de la constatation toute simple qu'il existait deux sortes de tremplins rock. Les premiers sont des tremplins de "quartier" (sans connotation péjorative particulière), où il est certes possible de jouer facilement, mais qui restent relativement confidentiels, sans grande envergure, et dans des salles plus proche de la MJC de village que du Zénith.
Les seconds sont de "grands tremplins" (dont l'archétype parfait sont Les Découvertes du Printemps de Bourges), où la sélection à l'entrée est draconienne: seuls des groupes semi-professionnels ayant édité un support audio de qualité et déjà pas mal "tourné" peuvent espérer être sélectionnés. D'un point de vue commercial, il y a donc un marché, un potentiel non exploité qui est celui des petits groupes amateurs voulant jouer dans de belles salles pour un enjeu plus ambitieux qu'un article dans le journal du quartier, ou une gloire éphémère de Fête de la Musique - et croyez-moi, il y en a beaucoup (nous les premiers !) Les fondateurs d'Emergenza se sont alors posés la question de savoir si de tels groupes iraient jusqu'à payer pour participer à un tremplin qui se positionnerait dans la seconde catégorie (i.e., type Découvertes du Printemps de Bourges, prestigieux, belles salles, etc.) tout en offrant la facilité d'accès de la première catégorie (tremplin de "quartier").
L’ami José fait montre d’une culture illimitée dans le domaine du show-biz, et il nous flatte beaucoup en nous attribuant une clairvoyance dont à regret nous nous voyons contraints de ne pas reconnaître la paternité. Notre festival n’a pas été LE PREMIER à comprendre qu’il existe des centaines de musiciens qui aimeraient se produire en public. En fait, nous avons nous aussi débuté comme un tremplin de quartier. Et si aujourd’hui Emergenza est en Europe et au Canada la réalité la plus importante pour les groupes qui débutent, cela ne dépend pas du fait que l’idée première nous appartienne ou que d’autres aient essayé d’en faire de même : que le peu séduisant guitariste des Moyoja en prenne son parti, le festival a grandi parce que nous avons donné aux musiciens beaucoup plus que ce qu’il veut bien admettre ou comprendre.
UN "PUBLIC" COMPOSE DE COPAINS DES GROUPES
La réponse est oui. Dans chaque pays d'Europe où est organisé le tremplin (soit: Italie le "berceau", Espagne, France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Irlande), environ 100 à 150 groupes s'inscrivent sans sélection autre que l'argent : 400 F de frais d'inscription par groupe tombant directement dans l'escarcelle des organisateurs, par ailleurs largement sponsorisés. La règle du jeu est ensuite simple, une règle que nous connaissions et que nous avions acceptée, je le précise une fois de plus (pour éviter que l'on me taxe d'angélisme !): les groupes se chargent eux-mêmes de la promo des concerts et de la vente des billets. Sachant que c'est le public qui vote (à main levée dans des salles de 200 à 2000 places vous imaginez !?!), il est donc clair que les groupes ont tout intérêt à mettre la dose et à rameuter tous leurs amis, copains, connaissances, touristes du Mondial et plus si affinités, leur faisant payer des sommes conséquentes (60 F pour le Gibus ou le New Morning, 100 F pour l'Elysée-Montmartre). Ce qu'on a en échange: la possibilité de jouer dans de belles salles (si l'on passe les premiers tours néanmoins), avec un bon son, dans des conditions professionnelles et - mais sans aucune certitude - avec des "contacts" avec des maisons de disque puis, pour le gagnant de la finale européenne, un contrat à la clé.
Bravo, José ! Tout est parfaitement exact, à l’exception peut-être de quelques détails négligeables à ajouter, et qui curieusement semblent avoir été oubliés, en toute bonne fois bien sûr… Prenons soin tout d’abord d’écarter tout soupçon pour ce qui concerne l’aspect économique de notre organisation. Nous pouvons imaginer que pour un grand artiste comme notre bon José il est difficile de saisir que pour organiser des concerts il est nécessaire de TRAVAILLER : incroyable mais vrai, pour assurer leurs concerts aux 150 groupes de chaque ville, nous sommes obligés de tenir un bureau (et pensez que nous sommes même obligés d’en payer le loyer !), d’y entretenir des personnels (à ce point avides qu’ils prétendent être rémunérés !) et de téléphoner (France Télécom nous a dit que peu importe que nous le fassions pour la musique, si nous ne payons pas la dernière facture, la ligne sera coupée !). Par ailleurs, dans le contrat que nous avons avec OUI FM, la valeur des spots que nous avons achetés pour lancer groupes et concerts s’élève à plusieurs centaines de milliers de francs, à payer comptant, et non, c’est bien fâcheux, en riffs pour guitare électrique. En outre, contrairement à ce qu’affirme en mentant effrontément notre sympathique hâbleur José, nous n’avons malheureusement AUCUN sponsor qui nous accorde les moyens pour tout supporter, nos partenaires nous fournissant le matériel, les instruments, les amplificateurs, etc. que nous utilisons en concert et pour récompenser les meilleurs musiciens. De plus, notre petit gars semble oublier qu’aucun groupe n’est en quelque manière que ce soit obligé de faire de la promotion. Si un groupe veut faire la promo de son concert, libre à lui ; si cela ne l’intéresse pas, il peut quand même se produire sans aucune limite.
Le deal est clair et la théorie (or considérations pécuniaires) intéressante. Mais malheureusement la réalité est toute autre et Emergenza fait preuve d'un manque de professionnalisme qui frise par moment l'arnaque. En voici les exemples les plus flagrants. Ils n'assurent aucune promotion générale même simple (auprès des listings de concerts ou de la presse spécialisée par exemple), contrairement à ce qu'ils clament pour nous inciter à "signer". Ils négocient au plus juste les tarifs de location et de prestation des salles de concerts qui hébergent les étapes du tremplin (Gibus x2, New Morning et Elysée-Montmartre pour la France) d'où des soundchecks (balance, réglages sonores) minimum sans aucune prise en compte des désirs (pourtant peu extraordinaires) des groupes.
Les « flagrants » exemples évoqués par le très bien informé José ne sont flagrants que par leur risible inexactitude. Les concerts d’Emergenza sont lancés par la radio et par la presse (pour être concrets : toutes les semaines - PENDANT DES MOIS - par OUI FM, dans tous les numéros de Lyllo et dans d’autres revues, sur l’internet, etc.) ; certes, personne n’ira penser qu’il est facile de sortir en première page du Figaro en présentant des groupes qui débutent, mais le travail continu que le festival réalise pour lancer des groupes et organiser des concerts est clair et tangible. Emergenza, en outre, est un agent officiel de scouting travaillant pour la Columbia-Sony ; lorsque un groupe est capable, grâce à son niveau technique et artistique, de passer directement au niveau professionnel, son contact avec Emergenza est l’équivalent de la maison de disques Major. Mais lorsque notre polyvalent José se jette encore une fois à corps perdu dans l’évaluation administrative de notre activité, en affirmant que nos dépenses se limitent à la location des salles, il nous semble désespérément obtus et décidément de mauvaise foi. Pour être encore une fois concrets, résumons brièvement quelques broutilles qui font partie de nos activités : des frais d’organisation (bureaux, téléphones, personnels, et aussi experts comptables, taxes, Sacem, site web, etc.) et de promotion (radio, posters, brochures, bureau de presse, etc.), nous avons déjà eu le loisir de parler ; à tout cela s’ajoutent forcément quelques détails dont encore une fois notre jeune étourdi n’a curieusement pas tenu compte. Le festival, avant tout, se termine par une finale européenne au cours de laquelle, pendant trois jours, 170 à 180 ( ! ! !) musiciens sont invités aux frais de l’organisation (voyages, hôtels, petits déjeuners, déjeuners et dîners, en plus des bières en coulisse pendant TROIS jours !) ; un groupe s’embarque ensuite pour une tournée d’une semaine aux Etats-Unis, des dizaines de groupes sont invités à se produire, toujours totalement défrayés, dans d’autres villes européennes, et en outre, pour ne parler que de ce qui se passe à Paris, nous produisons une cd-compilation des meilleurs groupes en finale, distribuée gratuitement (et qui n’est donc qu’une dépense pour nous et éventuellement un bénéfice net pour les musiciens, qui touchent les droits de la Sacem) à l’occasion d’une ou plusieurs vitrines (à entrée gratuite) organisées par Emergenza (des exemples concrets ? en voici : New Morning, le 30 septembre 2001 à Paris, Rockstore, le 29 septembre 2001 à Montpellier, Knaak, le 10 novembre 2001 à Berlin, pour ne citer que les dernières en date). Toutes ces activités sont naturellement fort appréciées par les centaines de musiciens qui en bénéficient, mais savez-vous qui les paient ? Certes, vous l’avez tout de suite compris : c’est José Caballero, avec les sous de sa tirelire.
Pour la même raison, les light-shows, annoncés comme des "trucs super adaptés à votre style de musique" (dixit), sont plutôt du type lampe-torche-de-chez-mon-petit-cousin. Donc au final, cela nous donne bien souvent un son pourri et des lumières peu éclatantes, même dans de superbes salles telle l'Elysée-Montmartre ou le New Morning. C'est peut-être même plus insidieux que cela puisque certains groupes ont droit à un bon son, d'autres pas, avec des erreurs du type "pas de son en façade" ou "oubli d'un instrument", difficilement compréhensibles dans ce contexte. Des réunions "techniques" sont organisées pour soi-disant prendre en compte les particularités des groupes: il s'agit en fait de remplir une fiche sans aucun intérêt (toujours la même) qui n'est de toute façon pas utilisée par les techniciens le jour J, et qui est mystérieusement perdue à chaque fois ! De plus, l'ordre de passage des groupes est scrupuleusement choisi pour défavoriser les groupes ayant le moins de potentiel selon Emergenza (19h00 un dimanche par exemple) au lieu d'être tiré au sort ou harmonisé par style. En ce qui concerne la notion de potentiel, voir à ce sujet le point suivant (mode de scrutin et pognon).
Nous sommes heureux d’apprendre que le petit cousin de notre fieffé menteur a 180.000 Watts de puissance sur sa table de nuit, mais nous nous demandons si le gars est victime d’une simple amnésie ou de quelque chose de plus grave. Essayons encore une fois d’être concrets : les lumières auxquelles se réfère notre jeune braillard sont le standard professionnel de l’Elysée-Montmartre. En d’autres termes, ce sont les mêmes lumières, avec le même light designer et les mêmes techniciens présents à tous les concerts des groupes professionnels que la majeure partie d’entre vous a certainement eu l’occasion de voir à l’Elysée. Il semble cependant que ce qui suffit à un quelconque grand artiste international soit pour un super professionnel comme notre Caballero particulièrement outrageant. Et, à propos de professionnalisme, je me vois contraint d’ajouter quelques considérations tirées de mes souvenirs personnels. Nous étions en effet présents à Paris lors de la dernière soirée du festival 1998, qui a engendré le soi-disant scandale. Le groupe Moyoja (comme tous les autres groupes) était attendu à une heure établie, et encore une fois (c’est-à-dire comme à tous les précédents concerts), nos braves jeunes gens se sont présentés, bourrés comme des huîtres, avec deux heures de retard. Bon, d’accord, les artistes sont comme ça, chacun est libre de gérer ses rythmes comme il l’entend ; mais, au moins par respect pour les techniciens, ils ne devraient pas prétendre qu’ensuite tout soit parfait. En d’autres mots, les propos farceurs du bon Caballero ne tiennent pas debout. Tous les groupes qui nous ont mis en condition de préparer leur concert avec soin et dans les délais prévus ont pu s’exprimer avec des sons de bonne qualité et sans aucun problème. Je n’ai jamais vu une fiche technique se perdre alors qu’elle avait été préparée auparavant avec le groupe. Je puis en outre garantir qu’aucun ingénieur du son professionnel (tous les techniciens d’Emergenza sont des techniciens bien connus et appréciés dans le milieu) ne serait prêt à faire du mauvais son, en y perdant sa propre crédibilité, pour avantager ou désavantager un groupe plutôt qu’un autre. Celui qui affirme une chose pareille n’a aucune idée du soin maniaque avec lequel les ingénieurs du son exercent leur profession. Pour ce qui concerne l’horaire des concerts, notre vilain petit menteur montre encore une fois qu’il est fort peu au courant en la matière. Les horaires sont en effet imposés en vertu d’un sévère régime de roulement : celui qui joue à une certaine heure au premier tour en aura une autre à disposition au second, et ainsi de suite. Consultez le calendrier pendant la saison, et vous conviendrez que tous les groupes ont à disposition différentes heures et différents jours par roulement. N’est-ce pas logique ? Et pourtant, ceux qui auraient dû s’en apercevoir parce qu’arrivés en finale n’ont, comme par enchantement, pas pris note de ce simple système.
LE VOTE A MAIN LEVEE PERMET TOUTES LES MAGOUILLES !
Enfin, le mode de scrutin permet toutes les magouilles possibles et imaginables. Je le dis d'autant plus facilement que nous en avons profité dans les étapes précédant la finale. Un vote à main levée dans une salle de concert avec un ou deux "compteurs" de mains - faisant partie des organisateurs bien évidemment - et des scores de 80 à plus de 200 "voix" pour des audiences de centaines de personnes, cela est quelque peu sujet à caution. Il faut avoir vu le spectacle impayable des "préposés-compteurs" doigt levé, langue entre les dents, appliqués, soucieux de faire les petits gestes des bons élèves qui dénombrent avec effort, vraiment, si, si, promis juré !, les mains levées, pour comprendre l'absurdité de la situation. Les scores ne sont d'ailleurs pas communiqués immédiatement (alors que les votes ont lieu après chaque groupe), mais plutôt à la fin de la soirée ce qui permet de légèrement retoucher le résultat en fonction de qui Emergenza veut voir gagner. Bref au final, ce sont les organisateurs qui décident qui passe et qui casse, selon leur goût, et aussi, business oblige, en indexant le nombre de places vendues (et récompensant ainsi les meilleurs vendeurs): le fameux potentiel dont je vous entretenais tout à l'heure. Une telle confiance dans leur jugement impliquerait de la part des organisateurs une prise de responsabilités plus poussée en officialisant ce mode de sélection par "jury maison", après tout ce n'est pas plus bête ou plus scandaleux qu'un autre mode (les mains levées au hasard !). Mais non, car un problème se poserait immédiatement au directeur financier d'Emergenza: les groupes ne seraient pas aussi enclins à assurer une promo, et donc une vente tous azimuts dans l'espoir d'amener suffisamment de copains pour gagner. D'où un bénéfice net en chute libre: vous l'avez bien compris, il s'agit là de musique, bien sûr, mais plutôt de la douce musique sonnante et trébuchante des espèces et devises de toutes origines (vivement l'Euro qui simplifiera grandement la tâche du comptable d'Emergenza).
Cependant, nous connaissions la règle du jeu et les tenants et les aboutissants de celle-ci (qui se résume en trois mots: pognon, pognon et pognon), même si un minimum de professionnalisme, je le dis et le répète, aurait été le bienvenu. En revanche, beaucoup plus grave que l'organisation dilettante et les petites arnaques aux votes (tout mode de scrutin est plus ou moins sujet à caution), Emergenza édicte des règles et ne les respecte pas, ou les applique différemment selon le contexte et, en revanche, sanctionne tout écart de conduite ou remarque "désobligeante" des groupes sur ces petits problèmes précédemment évoqués.
Nous en sommes à nous demander si le bon José a jamais participé à une soirée d’Emergenza. Eh bien, essayons encore une fois d’être concrets : Comme des milliers de musiciens peuvent en témoigner, les votes sont prononcés AU PUBLIC à la fin de la soirée, mais les musiciens peuvent les connaître dès la fin de leur concert (nous les affichons dans la zone réservée aux groupes). Alors ? Encore un petit oubli ? Tandis que notre incorrigible menteur se paie de la tête de ceux qui comptent les votes (des gens qui, sachant au moins compter, pourraient enseigner quelque chose à cet étourdi de guitariste des Moyoja), il convient de faire remarquer que ce système assure avant tout un maximum de transparence, en tant que quiconque peut compter en même temps que nos employés, et, contrairement à ce qu’affirme notre gars, nombreux sont les groupes qui parviennent à passer le cap sans être appréciés de l’organisation : son groupe, composé de personnages impossibles à gérer au regard de l’organisation, désagréables du point de vue humain et répugnants à l’odorat, et qui est malgré tout arrivé en finale en est le meilleur exemple ! Tous les systèmes, on le sait, ont des limites et des défauts. Le vote à main levée en a moins que d’autres. Ce n’est pas un hasard si le bon José a déchaîné ses ires, pathétiquement assaisonnées d’inventions et de mensonges, après qu’en finale, non le public, mais UN JURY, l’ait déclaré inapte à passer la sélection.
Premier exemple : 4 sélectionnés sur 6 au premier tour, 3 sur 6 au second, 1 sur 6 au troisième et 2 en finale. Tels étaient les termes de l'accord présenté comme contractuel. Or l'on retrouve en finale des groupes qui avaient terminé 4ème au second tour, des ex-aequo au nombre de mains levées (134 à 134, bravo les compteurs , un vrai compas dans l'oeil, aïe !), ou pire, un troisième gagnant en finale alors qu'il ne fut pas plébiscité par le public (ce qui n'est de toute façon pas un gage de qualité mais plutôt la preuve que ce groupe n'a pas beaucoup de copains, je vous l'accorde): repêchage miraculeux ? Pots de vins à l'organisateur ? Ont-ils couché avec le producteur, arrosé la mafia ? L'histoire ne le dit pas !
Limitons-nous encore une fois aux faits : Tous peuvent vérifier le calendrier et les réservations sur l’internet. Les groupes passent le tour en fonction des positions de classement, des repêchages établis en début de saison, en vertu du calendrier et du nombre de groupes prévu pour chaque phase. Voilà tout, le reste est un pur délire ! Quant aux ex aequo, ainsi qu’il nous est arrivé d’expliquer à de nombreux musiciens qui plus civilement et en toute bonne foi nous l’avaient demandé, en voilà le mécanisme : lorsque deux (ou même plus de deux) groupes ont des scores tellement proches qu’on pourrait penser que leur position au classement est peut-être due à une erreur « humaine » de scrutin (possibilité évaluée à 3%), tous les groupes en question ont le droit de passer le tour. En d’autres mots, si un groupe obtient 150 votes et un autre 153, nous ne nous permettons pas de garantir, pour une différence aussi mince, que le compte ait été parfait : dans ce cas, nous accordons l’ex aequo et admettons les deux groupes au tour suivant. Logique, non ? Eh bien non, pas pour le petit menteur des Moyoja. La référence au vin nous semble tout à fait déplacée, étant donné les quantités que le groupe semble ingurgiter avant de se présenter aux soirées, l’haleine fétide et le regard bovin ; quant à la référence à la mafia, elle rappelle le style avec lequel la replète maman du bon José menaçait tous ceux qui se trouvaient sur son passage à l’Elysée au cas où son cher petit n’aurait pas remporté le festival (soit dit en passant que son « spectacle » à l’entrée de l’Elysée a été beaucoup plus animé et amusant que celui de son rejeton sur scène).
DES "BALANCES" A LA TETE DU CLIENT
Deuxième exemple: les balances (réglages sonores d'avant concert) sont difficiles à gérer puisqu'elles concernent plusieurs groupes pour un temps réduit. Il est donc normal qu'Emergenza soit strict sur le respect des horaires (chaque groupe ayant un créneau) et précise que tout groupe en retard ne fera pas sa balance. Or, dans la pratique, voici comment cela se passe : si un groupe est considéré comme favori, la star de la soirée, il peut arriver avec deux heures de retard et se voir offrir une large demi-heure de réglages sans sourciller, alors que les groupes moins exposés mais ponctuels sont expédiés en 10 mn chrono. Et parlant de chrono, nous arrivons au point le plus mesquinement dégueulasse de l'organisation Emergenza. Il est tout à fait compréhensible que pour une finale à 11 groupes, un minutage serré soit nécessaire : tout le monde doit pouvoir jouer. La règle était donc la suivante: 25 minutes temps de montage/démontage/vote compris (soit entre 20 et 22 mn maxi pour le set musical proprement dit) et juste avant l'avant-dernier morceau un rapide check avec la régie qui précise si le temps restant permet un ou deux morceaux. Clair, net, précis.
Est-il dans ces conditions normal que les organisateurs nous coupent au début de notre dernier morceau, après nous avoir donné le feu vert prévu pour deux morceaux, alors que le chrono n'affichait que 18 mn (la vidéo le prouve) ?
Il me semble pouvoir affirmer que la référence au groupe arrivant avec deux heures de retard est autobiographique. Et là, José a toutefois raison en partie : nous n’avons jamais essayé de favoriser personne, mais en 1998 il nous est arrivé de subir trop passivement les retards impolis de quelque groupe (pas vrai, José ?). A partir de l’édition suivante (1998-99), nous n’avons en aucun cas plus accepté de tels retards. Les minutages des concerts comprennent, comme on l’a dit, les changements de scène. Celui des Moyoja a été d’une longueur interminable (nous aussi, nous avons des enregistrements dans nos archives). Au fond, ce n’est pas bien grave, un amour légitime pour les substances enivrantes n’est pas toujours compatible avec la lucidité nécessaire pour brancher rapidement les jacks… mais il ne faut pas s’en prendre au stage manager qui, soit dit en passant, était en cette occasion une jeune fille hollandaise très calée, qui ne connaissait même pas les groupes et qui désirait seulement, contrairement aux Moyoja, respecter les droits de tous.
Nous ne le pensons pas. Mais pourquoi, allez-vous me dire, auraient-ils fait une chose pareille ? Quel est le mobile ? Eh bien ! Sachez que tout ce que je viens de vous raconter (hormis cette dernière péripétie), nous l'avons dit, asséné même, directement aux organisateurs eux-mêmes l'après-midi précédant la finale de l'Elysée-Montmartre. Bon, d'accord ce n'était pas forcément "malin", diplomatique, judicieux, etc. Mais, après tout, la seule attitude valable n'est-elle pas celle où l'on se sent en accord avec soi-même, où l'on n'accepte aucun compromis, où l'on dit ce que l'on pense, une rock'n roll attitude en quelque sorte !
Oh oh ! nous voilà donc arrivés à l’estocade finale ! La mauvaise organisation, à mi-chemin entre Ben Laden et une multinationale pharmaceutique, avait pour seul objectif d’empêcher que les Moyoja et leur extraordinaire guitariste ne deviennent célèbres. Et qu’a donc inventé cette bande de criminels provisoirement déguisés en organisateurs ? Couper 2 minutes d’interprétation au groupe, justement ces deux minutes au cours desquelles ces artistes incommensurables s’apprêtaient à réécrire l’histoire de la musique ! ! ! Et pourquoi ? Parce que ceux-ci, chevaliers sans peur et sans reproche, affichant le courage des preux, avaient LA VEILLE, en bravant tous les dangers, décidé de vider leur sac ! ! ! Quel héroïsme ! ! ! Après 6 mois de festival, foudroyés sur le chemin de Damas, tout à coup les purs avancent à découvert. Aussi crédible que G.W. Bush annulant la dette des pays africains. Il est bien évident que le jury, le public et tous les participants ont jugé le groupe indigne de la victoire précisément à cause de ces 120 secondes méchamment retirées à ce qui allait se révéler comme le Groupe du Siècle. Nous sommes bien au regret pour le ridicule José, mais des groupes qui nous disent, en général dans des termes civils, ce qu’ils pensent, il y en a beaucoup, et comme par hasard, parfois ils gagnent, parfois ils perdent. Au contraire, nous n’avons aucun souvenir d’une quelconque polémique lors de la réunion technique avant le concert de l’Elysée, à laquelle d’ailleurs, avec sa légendaire politesse, la majeure partie du groupe, sans prévenir, ne s’est même pas présentée.
DES ORGANISATEURS MESQUINS ET PARTISANS
Lorsqu'on se veut professionnel, comme le clame Emergenza, est-il envisageable de mettre au point une vengeance mesquine de ce type: un son pourri (peu ou prou de façade, retours nazes, micro ne marchant pas, etc.) et un show écourté ? Je dis non. Leur principal moyen de pression était de ne pas nous faire gagner même s'il s'était avéré que nous méritions (ce n'était malheureusement pas le cas, notre prestation fut en effet décevante mais il s'agit là d'un autre problème). Cela ne leur a pas suffit : il a fallu qu'ils s'évertuent à nous gâcher notre plaisir de jouer dans cette superbe salle de l'Elysée-Montmartre. Mesquin, ridicule, honteux. Et ce n'est pas être mauvais joueur que de préciser ces quelques "détails". Si amertume il y a dans mes propos, il ne s'agit évidemment pas d'une amertume due à la défaite (notre but initial était de dépasser le New-Morning : but atteint), mais bien plutôt d'une amertume due à cette mesquinerie, cette hypocrisie des organisateurs qui n'ont pas eu le courage de s'entendre dire leurs quatre vérités sans éprouver un besoin de vengeance et de démonstration de pouvoir totalement déplacé.
Encore une fois quelques précisions : Dans la salle et sur scène, le son a toujours été assuré à l’Elysée par sa propre installation et par sa propre équipe technique, habituée à travailler avec les plus grands artistes internationaux. Il serait ridicule et blessant, comme on l’a dit, que des professionnels d’un tel niveau puissent travailler à l’encontre de leur crédibilité personnelle. Les micros ne fonctionnant pas sont une pure invention, qui n’a même pas le mérite de l’originalité. Les Moyoja se sont distingués (outre l’odeur désagréable de leurs aisselles et leur évidente hostilité envers la douche) par une attitude fort légère. Lorsqu’on leur a demandé un minimum de participation et de professionnalisme (comme d’arriver à l’heure aux répétitions, d’avoir des idées claires quant à leurs propres exigences, un minimum de lucidité et de préparation pour le concert, etc.), ils ont toujours répliqué qu’ils n’étaient pas des professionnels, que nous étions excessifs et ennuyeux en organisant les choses suivant des règles et des rythmes si précis, qu’eux ils étaient « cool », etc. Et puis, après qu’ils aient perdu la soirée, ne voilà-t-il pas que c’est nous qui avons tout fait à tort et à travers…
Voilà, croyez bien que l'on ne nous y reprendra plus ("il jura mais un peu tard..."), et je compte sur vous pour faire de la contre-publicité pour Emergenza European Festival, principalement en expliquant bien ce genre de combines aux groupes qui seraient tentés de se lancer dans l'aventure.
Sans être mesquins ou inutilement désobligeants envers quelqu’un qui a démontré une grande aptitude à se rendre ridicule, nous désirons demander : combien de fois les Moyoja ont-ils eu l’occasion de trouver des organisations qui leur ont permis de se produire à l’Elysée ou au New Morning ? à combien de centaines de concerts le groupe a-t-il participé en dehors d’Emergenza ? l’avez-vous déjà entendu ? l’avez-vous déjà vu ? qu’ont dû faire et combien ont dû payer les Moyoja pour participer aux concerts d’Emergenza ? débourser 400 francs (à diviser par six) et essayer - sans y être obligés - de faire venir quelques fans ? qu’ont-ils obtenu en échange ? des salles, des techniciens, de la promo, tout cela garanti, organisé, sans même devoir déplacer un ampli. Même en admettant que tout fût de mauvaise qualité, comme l’affirme notre petit menteur, nous sommes prêts à inviter n’importe quel groupe à essayer d’obtenir les mêmes conditions auprès d’autres organisations. Si le groupe avait été de qualité, il aurait pu arriver à la finale européenne, faire partir d’une des cd-compilations, se produire dans un showcase à l’étranger, faire une tournée aux Etats-Unis ou obtenir un contrat avec la Columbia-Sony. Temps perdu ? Mauvaise affaire ? A vous d’en juger. Heureusement Emergenza, qui existe depuis 11 ans, a fourni ses services et son professionnalisme à plus de 15.000 groupes. A Paris seulement, ces 7 dernières années 1.200 groupes ont participé. A partir de la « scandaleuse » finale de 1998, chaque année les groupes ont été plus nombreux : 184 en 1999, 220 en 2000, 264 en 2001 et, à notre avis, avec plus de 7.000 musiciens qui ont participé au festival ; si un centième seulement des misérables âneries racontées par le pauvre José étaient vraies, le festival aurait dû fermer ses portes et on trouverait sur l’internet 7.000 lettres d’accusation au lieu de deux ou trois. Les messages e-mail de remerciement et d’encouragement que nous avons reçus sont heureusement 100 fois plus nombreux que les protestations de groupes déçus. Il n’en est pas moins que, pour ce qui nous concerne, nous poursuivrons nos efforts en nous engageant pour faire en sorte que même ces 2 ou 3, ou même 4, groupes mécontents (sur un total de 1.200) puissent au contraire s’amuser et amuser leur public grâce à notre travail.
Merci encore à Emergenza, et à vous les studios !
Merci encore à José pour ses appréciations si raffinées et pour ses conseils sincères…
José, guitariste énervé.
Toute l’équipe d’Emergenza, pas du tout énervée… Julien, Silvia, Maylis, Marco, Florian, Mikey, Andrea, Peter, Francesco, Matthias, Benedikt, Sergio, Sania, Thierry, Poncho, Marc, Sascha.