LE
MOUVEMENT DE LÉGALISATION CONTRÔLÉE
Il
existe en France une association qui a pour objet de "promouvoir une
politique de légalisation contrôlée des stupéfiants,
à titre d'alternative à la prohibition et à la répression".
Son président, l'avocat Francis Caballero, se bat depuis des années
contre le formidable archaïsme de la législation française
en matière d'usage de stupéfiants, qui fait de la France le
pays le plus répressif d'Europe, et de loin. Qu'est-ce que le MLC
? L'ORGANE vous l'explique. N'hésitez pas à soutenir cette
association qui mène un courageux et indispensable combat anti-hypocrisies.
"La liberté
consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui"
Article IV de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen.

Francis Caballero nous a reçus pour nous présenter son "Mouvement de Légalisation Contrôlée", l'association française qui fait référence en matière de lutte contre la prohibition et la répression telles qu'elles sont pratiquées en France.
"Nous souhaitons ouvrir un débat sans tabou sur les drogues et sur
les alternatives de la répression; ce que nous appelons la légalisation
contrôlée. Deux mots qui sont inséparables et qui caractérisent
le mouvement anti-prohibitionniste français. L'un des objectifs du MLC
sera précisément de formuler des propositions quant au
sens à donner a la légalisation. C'est à dire : quelles
modalités ? Quelles substances ? Quels contrôles ?
Par ailleurs, l'objectif immédiat du MLC est d'organiser la défense des personnes poursuivies pour ce type d'infractions, dans des conditions tout à fait exorbitantes du droit commun. C'est pourquoi les avocats du MLC ont commencé à Valenciennes, à Nantes et Douai à contester le classement du cannabis parmi les substances stupéfiantes, et de façon générale la légalité des dispositions, de la loi du 31 décembre 1970.
II est temps de réagir.
De sortir les toxicomanes de leur clandestinité. De remplacer la guerre
contre "LA DROGUE", par la lutte civile contre l'abus DES drogues.
Un Coca pour l'avocat !
Francis Caballero ne boit pas et ne fume pas: l'alcool et le tabac sont des drogues bien trop redoutables, qui entraînent une accoutumance et une dépendance quasi-immédiates.
Considérant que l'ampleur et l'augmentation du trafic illicite de stupéfiants ont des effets dévastateurs sur le plan économique, social, juridique et sanitaire;
Constatant sur le plan économique que les liens entre le trafic de drogue et d'autres activités criminelles organisées, comme le trafic d'armes et le terrorisme, menacent la stabilité la sécurité et la souveraineté des Etats; qu'ils sont favorisés par la prohibition des stupéfiants qui finance cartels et mafias, encourage la corruption et contamine le système; que l'argent de la drogue pervertit l'économie mondiale; que le coût de cette prohibition augmente sans cesse; que policiers et douaniers sont incapables d'intercepter plus de 10% des drogues en circulation;
Constatant sur le plan social que la prohibition des stupéfiants entraîne une augmentation de la criminalité et de la délinquance, due au renchérissement artificiel du prix de certaines drogues; qu'elle conduit à des agressions contre les personnes et les biens, à la prostitution et à la revente par les usagers; que le nombre d'usagers et de toxicomanes ne fait qu'augmenter au fil des ans; que les catégories de citoyens les plus touchées par la prohibition sont les plus défavorisées et sont souvent victimes de discrimination, voire de racisme dans l'application de la loi;
Constatant sur le plan juridique que la prohibition des stupéfiants engendre une répression croissante à l'encontre des citoyens, attentatoire aux libertés et aux Droits de l'Homme; qu'en particulier l'emprisonnement des usagers est contraire à l'article 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme qui proclame : "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui"; que la prohibition des stupéfiants est la source d'un droit d'exception qui menace les libertés individuelles; que les infractions liées aux stupéfiants remplissent inutilement les prisons mondiales; que l'inadaptation de la Justice à traiter un problème de société entraîne une perte de confiance des citoyens dans la loi et son application;
Constatant sur le plan sanitaire que la prohibition des stupéfiants engendre pour les usagers et la santé publique des conséquences de la plus extrême gravité; qu'elle est un obstacle majeur à l'efficacité d'une politique d'information, de prévention et de soins; qu'en raison de la qualité incertaine des produits, elle est l'une des causes principales des décès par surdose; que la prohibition de la vente des seringues, puis la difficulté persistante de s'en procurer, font un nombre important de victimes; que de ce fait de nombreux toxicomanes sont séropositifs; que leur marginalisation les écarte du système de soins et favorise des pratiques sanitaires désastreuses, propagatrices de l'hépatite et du Sida,
L'association a pour but de promouvoir une politique de légalisation contrôlée, à titre d'alternative à la prohibition et à la répression des stupéfiants, en s'efforçant de concilier le respect des libertés individuelles avec la protection de la collectivité.
L'association se donne également pour but de développer l'information, la recherche et le débat sur la politique de lutte contre les toxicomanies en liaison avec les organisations anti-prohibitionnistes en France et dans le monde et d'agir pour :
- la modification des traités, lois, règlements et directives portant prohibition de la production, du commerce et de l'usage des substances stupéfiantes,
- l'abrogation de la loi du 31 décembre 1970 et son remplacement par un régime tenant compte de la spécificité et la dangerosité de chaque substance,
- la reconnaissance des droits de l'usager, en particulier du droit d'être soigné sans restrictions ni contraintes.
Cordialement,
Francis CABALLERO
Président du MLC