En France, la presse naturiste comporte deux titres essentiels: "Nat'info", l'organe officiel de la FFN d'une part, et "La Vie Au Soleil", édité par les éditions parisiennes ARYS, d'autre part.
Ces deux titres ont une parution bimestrielle et livrent 5 à 6 numéros par an, plus un "hors série" annuel donnant la liste des différents sites naturistes français, ainsi que celle des plages sur lesquelles la nudité est tolérée.
Alors que l'objectivité
oblige à reconnaître que le contenu rédactionnel
de "Nat'info" est assez pauvre, se limitant essentiellement
à la promotion des centres et clubs français, "La
Vie Au Soleil" est en revanche un "vrai" magazine,
fait par des professionnels de l'édition et du journalisme.
LVAS comporte non seulement des rubriques permettant un suivi
de "l'actualité naturiste", mais aussi des points
de vue sur des sujets de société, des billets d'humeur
(dont ceux du camarade Old Nick, alias Old Nick, qui y a sa chronique
"La filozofie dans le bungalow") et un journal des lecteurs.
Cette dernière rubrique est très vivante et l'on
remarque depuis cette année une nette évolution
des mentalités: les lecteurs affirment et revendiquent
désormais haut et fort leur pratique du naturisme. Les
naturistes contemporains ne sont plus honteux, ils sont de plus
en plus jeunes, et ils abordent le naturisme sous l'angle du loisir
estival plutôt que sous celui d'une philosophie d'inspiration
écolo. De plus, on ne craint plus d'aborder dans les pages
du magazine des sujets autrefois considérés comme
tabou en milieu naturiste: les questions de la sexualité
et des minorités sexuelles y sont traitées, et les
débats qui préoccupent l'ensemble de notre société
y ont leur place. En ce moment, par exemple, alors que certains
médias n'hésitent pas à faire un rapprochement
- d'autant plus scandaleux qu'il est injustifié - entre
le mouvement naturiste et la vague de pédophilie que connaît
actuellement notre pays, les lecteurs se sentent plus que jamais
concernés et n'hésitent pas à prendre la
plume pour faire valoir leurs arguments.
De plus en plus, "La Vie Au Soleil" tend donc à être le titre fédérateur de tous les "nouveaux naturistes". Sans bien sûr rechercher en aucune manière le conflit avec la FFN, le magazine n'entend pas se limiter à la seule promotion des intérêts de la fédération. Créé en 1949 par Christiane et Albert Lecocq, LVAS est le plus ancien titre naturiste français (il a fêté récemment ses cinquante ans d'existence), et aussi le plus dynamique. Après avoir connu bien des hauts et des bas au fil de son existence - à savoir de nombreux changements de direction, de ligne éditoriale et de maquette - le magazine est parvenu à se "stabiliser" depuis deux ans en fidélisant un lectorat composé aussi bien de naturistes "orthodoxes" que de naturistes plus indépendants, voire "libertaires". Sous l'impulsion de son éditeur Gérard Sakon (également éditeur de "La Vie Naturelle" et de "Tao", magazine sinophile), qui a procédé au renouvellement de l'équipe, La Vie Au Soleil connaît aujourd'hui une diffusion en progression constante, et il est sans doute le seul magazine naturiste français emblématique de ce qu'il est désormais convenu d'appeler le "nouveau naturisme", et de l'engouement récent de nos compatriotes pour ce mouvement*.
Parallèlement à ces deux titres très différents mais qui ont en commun de prôner le respect d'une "éthique naturiste" irréprochable, on peut trouver dans les kiosques français deux autres magazines qui n'ont, eux, de "naturiste" que l'argument commercial.
Disons-le crûment: "H&E" est un vulgaire magazine de cul, mal foutu et très bas de gamme. D'origine anglaise ("Health & Efficiency"), ce torchon semble être traduit au moyen d'un logiciel bourré de bugs tant son contenu rédactionnel est farci de fautes de syntaxe et d'orthographe, qui prêtent à rire quand les articles ne sont pas tout simplement incompréhensibles. Mais, à l'évidence, les lecteurs de "H&E" n'achètent pas ce titre pour se tenir au courant de l'actualité naturiste. Ils l'achètent sans doute pour les photos, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles ne font pas dans la suggestion. Les clichés publiés dans cette revue nous montrent des "naturistes" qui ressemblent bien plus à des modèles pornos - outrageusement maquillés et écartant volontiers les cuisses face à l'objectif - qu'à d'aimables et paisibles vacanciers adeptes de la nudité estivale. Passons donc rapidement sur ce titre débile, mais somme toute assez inoffensif.
N'hésitons pas à dire en revanche que "Jeunes et Naturels" est, lui, loin d'être inoffensif. Ce magazine est même carrément dangereux puisqu'il vise, clairement et sans la moindre ambiguïté, une clientèle de pédophiles. Ce titre ne montre, à longueur de pages, que des images d'enfants et d'adolescents nus. Il ne trompe personne, et ne fait en réalité qu'utiliser l'argument du naturisme pour permettre à des malades libidineux de s'exciter sur les corps de gamins et gamines dénudés. Qu'il soit donc clair que "Jeunes et Naturels" est un magazine pédophile, et rien d'autre qu'un magazine pédophile." Pour les naturistes, ce genre de publication est déplorable puisqu'elle ne peut que contribuer à entretenir l'amalgame, dans certains esprits mal informés ou mal intentionnés, entre naturisme et pédophilie. En résumé et pour ne pas lui faire davantage de publicité, "Jeunes et Naturels" est un magazine nauséabond qui n'a pas sa place en kiosque, et l'évidence voudrait que sa publication soit interdite.