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L'Organe Magazine
Papiers progressistes

LACHETE PROGRAMME D'ETAT



Un fait pas si divers que ça...

Le 24 mai 2001, 17h32, une étudiante de 21 ans prend le Train Express Régional Dunkerque-Lille. 18h20, 6 ados de 14 à 17 ans montent et la violent, devant une bonne dizaine de passagers. Aucune des 6 sonnettes d’alarme du wagon n’a été actionnée. 18h50, le train arrive normalement à Lille, la victime rentre chez elle et alerte ses parents, qui portent plainte au commissariat le lendemain. 4 ordures sur les 6 (les 2 autres seront relâchées) ont été déférées au tribunal pour enfants ( ?) de Lille une semaine plus tard.
Selon la délicate SNCF, ce train de retour de plage ramenait «<i>environ 200 personnes... Il y aurait eu 65 passagers dans le wagon du viol, puisque le train comptait trois wagons. Aucune information n'est remontée. Le contrôleur n'a rien signalé d'anormal]i ». Or, souligne la SNCF, les gens réagissent souvent, a posteriori. «<i>Depuis le début de l'année, 300 personnes nous ont signalé des incidents. Sur ce train-là, personne]i».
Hélas, l’examen du médecin et la reconnaissance d’un agresseur dans le fichier des délinquants ne laissent pas de place au doute. Le commissaire principal Christophe Briez : « <i>Nous avons suffisamment d'éléments pour affirmer qu'il ne s'agit pas d'une histoire montée de toutes pièces ]i».

Reportage de V. Cormont dans la Voix du Nord :

« <i> Effectivement, il est bien difficile de comprendre comment aucun des passagers n’a pu bouger. Il est presque impossible que la victime et ses agresseurs soient restés seuls dans une des trois voitures. Les wagons sont de petite taille et à moins de faire un écran humain, on ne peut pas ne pas voir d’un bout à l’autre du wagon...
De part et d’autre des voitures, six sonnettes d’alarme réparties devant chacune des portes, faciles d’accès. En revanche, il est impossible de passer d’une voiture à l’autre comme dans les TGV, à moins de profiter d’un arrêt et descendre sur le quai.
Au fur et à mesure du voyage, une contrôleuse SNCF passe vérifier les billets. Hier, elle était escortée par quatre agents en tenue de la brigade territoriale ferroviaire, une unité de la police nationale. Une présence qui n’est évidemment pas passée inaperçue des voyageurs un peu surpris, dont aucun ou presque n’ignorait qu’une passagère avait été victime d’une agression.
« Les patrouilles étaient déjà en service depuis longtemps mais elles ont été réorientées
vers cet axe particulier », expliquait-on hier à la SNCF qui assurait ne pas avoir eu
beaucoup de remontées de la part des usagers]i ».

La vérité serait plus proche d'une dizaine de personnes, dont un enquêteur faisait
remarquer hier qu'il leur est sans doute difficile, aujourd'hui, d'ignorer ce qui s'est passé
dans ce train, même s'ils ne s'en étaient pas rendu compte sur l'instant....

Le forum internet de l’agression

Un exemple parmi d’autres : « <i>L'indifférence des gens je la trouve effrayante, consternante, tous des lâches... Comment toutes ces personnes, qui ont été témoins d'une telle horreur, puissent vivre leur petite vie pépère ? Comment peuvent-ils? C'est honteux et nous ne le dénoncerons jamais assez... ]i».

C’est bien, mais dénoncer sans risque est encore un peu lâche. Et il n’est pas sûr que parmi les journalistes donneurs de leçons dans leurs colonnes, il y en ait qui seraient intervenus. Le courage n’est pas la qualité principale du journaliste... surtout en France.
Aucun témoin ne s’est manifesté depuis. Celui qui le ferait se verrait aussitôt inculpé pour non-assistance à personne en danger.

La lâcheté est-elle un délit?

<i>Bien que l'obligation d'assistance ne soit qu'une obligation de moyens, l'intervention doit être adaptée à la situation (Crim., 27 mars 1991). La loi, sans exiger un résultat, impose une obligation d'assistance appropriée, à savoir utile et suffisante, de sorte que l'impossibilité matérielle d'agir peut justifier la non-intervention (Crim. 3 janv. 1972). L'assistance requise suppose l'absence de risque pour celui qui doit intervenir ou pour les tiers. Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement l'absence de tout risque. En effet, le risque que chacun peut encourir pour sauver autrui est apprécié au cas par cas et ne doit pas être disproportionné par rapport au danger dans lequel se trouve la victime (Crim. 4 fév. 1998). Lorsque ce risque est disproportionné, il peut constituer un fait justificatif excusant la non-intervention.]i

"<i>Je ne suis pas un surhomme]i". C’est ainsi que se défendait le contrôleur SNCF témoin passif d’une agression dans le Sud, au cours de son procès. Il avait admis n’être qu’un homme (nous on dirait un « sous-homme »), n’étant pas préparé à la résistance physique, au courage. N’étant pas un guerrier. Tout un symbole. La fraternité, sans le courage, c’est une idée vide de sens.

La loi et la peur
Comme nul n’est censé ignorer la loi, et que les lecteurs de l’Organe n’ont pas tous le niveau de Maître Collard (quoique...), voici l’article 223-6 du Code Pénal :
« <i>Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000E d'amende. Sera puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours ]i».
La non-assistance à personne en péril est définie à l'article 223-6, al. 2 du Code pénal (ancien article 63, al. 2), aux termes duquel est puni celui qui, ayant connaissance du péril encouru par une personne ne lui porte pas assistance. Ce délit résulte d'une indifférence au sort d'autrui puisque le défaut d'assistance résulte d'une abstention voulue face au péril auquel a été exposé autrui.
La loi, c’est bien, mais face à la peur, même 75 000E ne pèsent pas lourd. Elle suppose le courage civique, une espèce en voie de disparition. Pourquoi ?

Une lâcheté programmée

Pourquoi les gens n'ont rien fait ? Tout simplement parce que ça leur est mentalement et physiquement interdit. Les journalistes qui s'émeuvent devant la lâcheté des témoins qui n'ont ni neutralisé les violeurs, fomenté un soulèvement contre ces derniers, tiré la poignée du signal d'alarme, appelé les flics par portable... devraient élargir leur point de vue.

Ils s'apercevraient que la lâcheté soit-disant inadmissible des témoins du drame n'est que la conséquence logique du désarmement de l'individu et de la dévalorisation de l'individualisme (présenté comme aventureux, rare, dangereux, exceptionnel, et donc à célébrer comme tel) dans les sociétés capitalistes occidentales avancées.
Tout est fait pour empêcher l’individu, dès son plus jeune âge, de penser par lui-même : les maîtres-penseurs à la solde du Système sont là pour ça. Et donc d'agir par lui-même.
L’occidental actuel délègue la conscience de son corps au médecin à qui il demande de plus en plus : on n’a plus le droit d’être malade.
Du corps physique au corps social, il n’y a qu’un pas : l’individu collectivisé actuel délègue sa conscience et sa responsabilité sociales : au syndicat (de moins en moins), au policier et au magistrat (de plus en plus), à l’homme politique (malgré lui). A ceux qui agissent pour lui. Et qui lui retirent sa qualité d’homme-individu.

Désarmement individuel

Le fait de confier sa protection au médecin et au policier est la véritable cause de la hausse à la fois subjective et réelle de l’insécurité. Ce sentiment et cette réalité d’insécurité sont la conséquence de la démission personnelle. Le courage, devenu une fonction sociale, est la spécialité des pompiers, policiers, médecins, sauveurs... et surtout des magistrats. Comme aux Etats-Unis, les gens se défendent de plus en plus par avocats interposés. La hausse des agressions est le résultat de cette chute de l’autoprotection, remplacée par la protection institutionnelle.
Tout est fait pour que la force personnelle soit aspirée par les corps constitués, véritables professionnels de la protection. C’est pour ça qu’ils subissent la pression générale : médecine, police, justice et magistrature sont les grandes préoccupations actuelles des gens.

Inversement, tous les sous-groupes sociaux plus ou moins organisés qui se défendent sont considérés comme violents, nuisibles, agresseurs : supporters de foot, activistes de tout poil, racailles, énervés, ravers, anars, ultras. Or, ces descendants de la race des guerriers sont indispensables en cas de tyrannie. Les fameux gens sans peur, premiers à s’engager dans la Résistance, sont découragés aujourd’hui. Devant l’immense arsenal juridique (les lois anti-vie), médiatique (un rouage nouveau mais essentiel du Système), économique (des milliards pour la sécurité), l’individu véritable doit être très fort pour conserver sa force, sa réactivité, et par là-même les rênes de son destin.

La lâcheté fait donc partie intégrante du programme politique de neutralisation subtile de l'individu au profit de la collectivité: sans même qu'il s'en rende compte, en lui faisant même croire le contraire (« <i>on vit dans un monde de plus en plus individualiste]i », entend-on partout chez les imbéciles), on retire à l'individu chacune de ses prérogatives, on le démembre tranquillement, on lui grignote ses possibilités d'action. On le désarme.

Impossibilité physique d’agir

Objectif: l'impuissance personnelle. Neutralisation de toute action potentielle incontrôlable ou imprévue.
Politiquement parlant, pour le Système, le drame du train Lille-Dunkerque est une réussite totale : les témoins ont été paralysés. Par un virus-programme interne, qui est plus que de la peur : une peur doublée d’une inhibition de l’action, cette dernière résultant de la confiscation du courage, donc de la force personnelle.
La preuve pratique qu'il n'y aura plus trop de résistance civile spontanée, ce qui représente un drame potentiellement plus grave qu'un viol collectif. Les victimes, ce sont aussi les témoins honteux et impuissants, conscients de leur bassesse et de leur nullité civique. Preuve que le ressort a été cassé. Une simulation à petite échelle mais lourde de sens.

Remplaçons les violeurs par une tyrannie et la fille par la République: qui bronchera?

Le courage civique personnel est un muscle. Aucune des personnes présentes, écrasée par la hiérarchie, le travail pénible, le chômage, ou simplement « <i>le consentement]i » cher à Chomski, la version intello de notre lâcheté, n'a les moyens intellectuels et physiques de répondre à cette violence directe. La morale, si elle n'est pas armée, n'est rien. Le muscle du courage, et donc de la réaction, doit être entretenu chaque jour.
Sport, conscience de soi et du possible (souffrance, mort), sont un minimum syndical.
La lâcheté, défaut des défauts, mère des vices, est devenue une qualité-Système, jamais nommée en tant que telle. Partout on célèbre le conformisme, la soumission, l’égalitarisme illusoire et la crainte. Objectif, maintenir un maximum de brebis dans l’exploitation tranquille, sans heurts. Double bénef. J’endors et je tonds. Pas de barouf sur le chemin de l’Abattoir. La crainte absolue du Système, c’est le réveil des consciences, ou colère : il faut voir avec quelle débauche d’énergie le système policier a pulvérisé les velléités d’Action Directe, qui n’a franchement pas ébranlé la société (quelques morts, quelques bombes). La répression avait ici valeur d’exemple : un signal fort en direction des énervés, des enragés.

De faux combats contre de fausses cibles sont organisés pour entretenir l'idée du courage civique vertueux. Exemple, la chasse aux pédophiles, plus la psychose et les dénonciations qui vont avec. Mais c'est un courage dirigé, et la plupart du temps sans risques.
Il n'y a pas de statistiques pour ce genre d'informations. Mais les faits divers (lire Le Parisien) et la hausse de la délinquance sont la conséquence directe de l'abdication mentale et physique de l'écrasante majorité de nos concitoyens. La prise en charge est totale. La sécurité sociale est une partie seulement de la Sécurité Mentale et Physique.
Pour nous protéger, on nous désarme. Comme les Bosniaques en 92. On a vu le résultat.

Confort intime = violence sociale

La lâcheté conduit à la hausse de (du sentiment) l’insécurité et des agressions.
En réalité, c’est l’immunité qui a baissé, de la même façon que l’abaissement des polders fait monter le niveau d’eau.
Abandon de réaction, perte du lien fraternel (dans cette société marchande où même la relation se vend), le réflexe d’entraide amputé chez chacun (la honte que ressentent les témoins impuissants est la conscience de la perte de ce réflexe, ou son résidu dans nos chairs), la passivité devant un viol par quelques ados facilement maîtrisables à 10 (et même seul, avec de l’autorité... Mais de l’autorité, qui en a encore ?) est aisément explicable.

En lâchocratie, ma vie intime devient plus confortable, mais le prix à payer est l’augmentation de la violence sociale. Comme un frigo produit de la chaleur, la combustion de l’essence qui fait avancer notre voiture des gaz polluants, notre confort produit de la violence, déchet industriel parmi d’autres.
L’augmentation du confort des uns entraîne une augmentation de la violence des autres. Et la violence génère tout naturellement un renforcement du besoin de confort... C’est l’explication dynamique de la fracture sociale, une idée d’Emmanuel Todd. En cybernétique, on appelle ça une rétroaction positive, un système qui ne peut qu’arriver à l’explosion, l’effet (la violence) renforçant le facteur (le besoin de confort).

Vous voulez moins de violence ? Alors il faudra accepter moins de confort.

Mercredi 26 Mars 2003
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